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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 17:30
L'Hiver

.......... L'HIVER ..........




C'est l'hiver sans parfums ni chants...
Dans le pré, des brins de verdure
Percent de leurs jets fléchissants (1)
La neige étincelante et dure...

Quelques buissons gardent encor
Des feuilles dures et cassantes
Que le vent âpre et rude mord
Comme font les chèvres grimpantes.

Et les arbres silencieux
Que toute cette neige isole
Ont cessé de se faire entre eux
Leurs confidences bénévoles... (2)

Bois feuillus qui, pendant l'été,
Au chaud des feuilles cotonneuses,
Avez connu les voluptés
Et les cris des huppes chanteuses,

Vous qui, dans la douce saison,
Respirez la senteur des gommes, (3)
Vous frissonnez à l'horizon
Avec des gestes qu'ont les hommes,

Vous êtes las, vous êtes nus,
Plus rien dans l'air ne vous protège,
Et vos cœurs, tendres ou chenus, (4)
Se désespèrent sous la neige.



COMTESSE DE NOAILLES,   Poèmes   (Fayard, éditeur.)


(1) Les tiges sur qui pèsent la neige et l'humidité ne peuvent se dresser.
(2) Aux beaux jours, les arbres feuillus et murmurants semblent se confier leurs secrets avec bienveillance et par plaisir.
(3) Substance liquide et gluante qui découle de certains arbres; à prendre ici au sens de sèves.
(4) Chenu : signifie blanchi par la vieillesse; ici à prendre dans le sens de cœurs d'arbres durcis par la vieillesse qui s'opposent aux cœurs tendres des plus jeunes arbres.

I. Comprenons :

  1.   Comment expliquez-vous que l'hiver n'ait ni parfums ni chants?

  2.   Comment le poète caractérise-t-il la neige dans la 1re strophe? Les deux adjectifs qu'il emploie (montrez que vous les comprenez), conviennent-ils toujours pour la neige?

  3.   Comment expliquez-vous que les feuilles qui subsistent soient rudes et cassantes? Quels adjectifs de sens contraire emploierez-vous pour les feuilles de la belle saison?

  4.   Comment expliquez-vous que les arbres d'hiver soient silencieux? Quel adjectif conviendrait pour les arbres aux beaux jours? De quelles manières alors ne sont-ils pas silencieux?

  5.   A quoi le poète fait-il allusion quand il dit : Plus rien dans l'air ne vous protèfe?


II. Réfléchissons :

  1.   La vie végétale semble morte, dans l'hiver qu'évoque ce poème. L'auteur, dans les deux premières strophes, ne nous montre-t-il pas qu'elle persiste de quelque manière?

  2.   Cherchez les traits qui donnent particulièrement des impressions de silence et de raideur. Si le silence règne, n'y a-t-il pas quelque chose qui peut s'entendre et qu'indique le poète?

  3.   Quelles sont les principales indications que donne le poète pour susciter l'impression de tristesse de l'hiver?

  4.   Le poète s'émeut-il? Ne laisse-t-il pas entrevoir un grand amour et pour qui? Ne laisse-t-il pas exhaler des plaintes? A qui s'adressent-elles? Cherchez des passages qui justifient votre jugement.

  5.   Le poète ne parle-t-il pas des arbres comme d'êtres vivants? Montrez-le. Est-il important de sentir cela pour bien goûter le poème?


III. Goûtons le poème :

    Les questions posées vous ont certainement fait sentir les pénétrantes impressions que laisse ce poème. La campagne, si vivante et si joyeuse il y a quelques mois, est maintenant morte et désolée. Avec le poète, nous évoquons, pleins de regret, les jours où les arbres semblent grisés de vie heureuse sous leur parure de feuilles peuplées d'oiseaux chanteurs. Avec le poète, nous nous attendrissons sur le sort de ces arbres muets et dépouillés à qui il prête un cœur souffrant.


IV. Lisons bien :

    Dites le 1er paragraphe d'une voix lente et très nette. Voyez les termes à mettre en valeur, des adjectifs expressifs en particulier : la neige étincelante et dure; le vent âpre et rude. Assourdissez davantage la voix pour la diction de la 3e strophe. Dans le 2e paragraphe, faites sentir l'émotion du poète, son grand amour pour les arbres et sa grande pitié pour eux.


V. Utilisons le texte :

  1.   En vous inspirant des 3 premières strophes, donnez un tableau parallèle du printemps au moyen de traits contraires à ceux du texte.

  2.   Dans le 2e paragraphe, le poète interpelle directement les arbres. Remarquez bien les articulations de ce paragraphe. Utilisez-les en vous adressant :a) aux oiseaux : Oiseaux charmants qui... vous qui... vous êtes...; b) aux insectes : Insectes bourdonnants qui... vous qui... vous êtes...; c) aux sentiers : sentiers gracieux qui... vous qui... vous êtes... (en songeant à l'hiver naturellement).

  3.   RÉSUMONS le paragraphe2. (Difficulté : ce paragraphe se présente sous forme d'une apostrophe. Commencez ainsi : le poète s'adresse aux arbres, il...)


source : La Lecture en action
Cours moyen et classe de 7e
G. BRUNET professeur à l'École Normale de la Seine et L. DESCHAMPS Directeur d'École
EDITIONS BOURRELIER
55, rue Saint-Placide - Paris VIe

1956 by Editions Bourrelier

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