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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 14:55

Jean qui grogne Jean qui rit by, Comtesse de SEGUR
 

Présentation de l'Editeur


 

Néant

 


A MA PETITE-FILLE

MARIE-THÉRÈSE DE SÉGUR


  Chère petite, tu as longtemps attendu ton livre,
c'est qu'il y avait bien des frères, des cousins, des
cousines, d'un âge plus respectable que le tien. Mais
enfin, voici ton tour.
JEAN QUI RIT te fera rire, je
l'espère; je ne crains pas que
JEAN QUI GROGNE te
fasse grogner.
      Ta grand'mère qui t'aime bien,


COMTESSE DE SÉGUR,
née ROSTOPCHINE.

 

 

 

 

FICHE   TECHNIQUE DU LIVRE


 




Titre :   Jean qui grogne et Jean qui rit
Auteur :   Comtesse de   SEGUR
Edition :   ÉDITIONS   OPTIC
13, rue François-Dauphin   LYON

ILLUSTRATIONS DE   JANIE CAM
noir & blanc pleine page.

JEANNOT LE SUIVAIT AVEC PEINE   page 78
AU VOLEUR!... AU VOLEUR!... A LA GARDE!   page 128
SIMON SALUA ET RESALUA MADEMOISELLE AIMÉE   page 178
VENEZ VOIR L'EFFET MERVEILLEUX DU MARTEAU MAGIQUE!...   page 228

Dépôt légal : 4e trimestre 1946.

N° d'éditeur : 52.
N° d'imprimeur : 76.
Imprimé en France

GRANDS ÉTABLISSEMENTS
DE L'IMPRIMERIE GÉNÉRALE
9,  RUE DE PARIS,   GRENOBLE


Reliure :   Cartonnée pleine toile de couleur verte

Nombre de pages : 255       TABLE DES MATIÈRES : NON

Poids :   190 grammes     Format :   110 x 165 x 20 mm
I.S.B.N :   NON     Code Barre = EAN :   NON


Livre épuisé chez l' Editeur

 

 

 

EXTRAIT   Jean qui grogne et Jean qui rit, by Comtesse de SÉGUR   page 20


Jean qui grogne et Jean qui rit, by Comtesse de SEGUR-image-50-150


  Pendant que Jean marchait au pas accéléré, qu'il réfléchissait, qu'il se donnait du courage et qu'il s'éloignait rapidement de tout ce que son cœur aimait et regrettait, Jeannot le suivait avec peine, pleurnichait, appelait Jean qui ne l'entendait pas, tremblait de rester en arrière et se désolait de quitter une famille qu'il n'aimait pas, une patrie qu'il ne regrettait pas, pour aller dans une ville qu'il craignait, à cause de son étendue, près d'un cousin qu'il connaissait peu et qu'il n'aimait guère.
  « Je suis sûr que Simon ne vas pas vouloir s'occuper de moi, pensa-t-il; il ne songera qu'à Jean, il ne se rendra utile qu'à Jean, et moi je resterai dans un coin, sans que personne veuille bien se charger de me placer... Que je suis donc malheureux! Et j'ai toujours été malheureux! A deux ans je perds papa en Algérie; à dix ans je perds maman. C'est ma tante qui me prend chez elle, la plus grondeuse, la plus maussade de toutes mes tantes. Et me voilà-t-il pas, à présent, qu'elle m'envoie me perdre à Paris, au lieu de me garder chez elle.
  « Jean est bien plus heureux, lui; il est toujours gai, toujours content; tout le monde l'aime; chacun lui dit un mot aimable. Et moi! personne ne me regarde seulement; et quand par hasard on me parle, c'est pour m'appeler pleurard, maussade, ennuyeux, et d'autres mots aussi peu aimables.
  « Et on veut que je sois gai? Il y a de quoi, vraiment! Ma bourse est bien garnie! Deux francs que le curé m'a donnés! Et Jean qui ne sait seulement pas son compte, tant il en a! Tout le monde y a mis quelque chose, a dit ma tante... Je sans bien malheureux! rien ne me réussit! »
  Tout en réfléchissant et en s'affligeant, Jeannot avait ralenti le pas sans y songer. Quand le souvenir de sa position lui revint, il leva les yeux, regarda devant, derrière, à droite, à gauche; il ne vit plus son cousin Jean. La frayeur qu'il ressentit fut si vive que ses jambes tremblèrent sous lui; il fut obligé de s'arrêter, et il n'eut même pas la force d'appeler.
  Après quelques instants de cette grande émotion, il retrouva l'usage de ses jambes, et il se mit à courir pour rattrapper Jean. La route était étroite, bordée de bois taillis; elle serpentait beaucoup dans le bois; Jean pouvait donc ne pas être très éloigné sans que Jeannot pût l'apercevoir. Dans un des tournants du chemin, il vit confusément une petite chapelle, et il allait la dépasser, toujours courant, soufflant et suant, lorsqu'il s'entendit appeler.
  Il reconnut la voix de Jean, s'arrêta joyeux, mais surpris, car il ne le voyait pas.
  « Jeannot, répéta la voix de Jean, je suis ici.

      JEANNOT
  Où donc es-tu? Je ne le vois pas.
      JEAN
  Dans la chapelle de Notre-Dame Consolatrice.
  - Tiens, dit Jeannot en entrant, que fais-tu donc là?
  - Je prie... répondit Jean. J'ai prié et je me sens consolé. Je sens comme si Notre-Dame envoyait à maman des consolations et du bonheur... Je vois des traces de larmes dans tes yeux, pauvre Jeannot; viens prier, tu seras consolé et fortifié comme moi.
      JEANNOT
  Pour qui veux-tu que je prie? je n'ai pas de mère.
      JEAN
  Prie pour ta tante, qui t'a gardé trois ans.
      JEANNOT
  Bah! ma tante! ce n'est pas la peine.
      JEAN
  Ce n'est pas bien ce que tu dis là, Jeannot. Prie alors pour toi-même, si tu ne veux pas prier pour les autres.
      JEANNOT
  Pour moi? c'est bien inutile. Je suis malheureux, et, quoi que je fasse, je serai toujours malheureux. D'ailleurs tout m'est égal.
      JEAN
  Tu n'es malheureux que parce que tu veux l'être. Excepté que j'ai maman et que tu as ma tante, nous sommes absolument de même pour tout. Je me trouve heureux, et toi tu te plains de tout.
      JEANNOT
  Nous ne sommes pas de même; ainsi tu as je ne sais combien d'argent, et moi je n'ai que deux francs.
      JEAN
  Si ton malheur ne tient qu'à ça, je vais bien vite te le faire passer, car je vais partager avec toi.
      JEANNOT, un peu honteux
  Non, non, je ne veux pas cela; ce n'est pas ce que je te demande ni ce que je voulais.
      JEAN
  Mais, moi, c'est ce que je demande et c'est ce que je veux. Nous faisons route ensemble; nous arriverons ensemble et nous resterons ensemble : il est juste que nous profitions ensemble de la bonté de nos amis. »
  Et, sans plus attendre, Jean tira de sa poche la vieille bourse en cuir toute rapiécée qu'y avait mise sa mère, s'assit à la porte de la chapelle, fit asseoir Jeannot près de lui, vida la bourse dans sa main et commença le partage.
  « Un franc pour toi, un franc pour moi. »
  Il continua ainsi jusqu'à ce qu'il eût versé dans les mains de Jeannot la moitié de son trésor, qui montait à huit francs vingt-cinq centimes pour chacun d'eux.
  Jeannot remercia son cousin avec un peu de confusion; il prit l'argent, le mit dans sa poche.
  « J'ai deux francs de plus que toi, dit-il.
      JEAN
  Comment cela? J'ai partagé bien exactement.
      JEANNOT
  Parce que j'avais deux francs que m'a donnés le curé.
      JEAN
  Ah! c'est vrai! Te voilà donc plus riche que moi. Tu vois bien que tu n'es pas si malheureux que tu le disais.
      JEANNOT
  Je n'en sais rien. J'ai du guignon. Un voleur viendra peut-être m'enlever tout ce que j'ai.
  - Tu ne croyais pas être si bon prophète », dit une grosse voix derrière les enfants.
  Les enfants se retournèrent et virent un homme jeune, de grande taille, aux robustes épaules, à la barbe et aux favoris noirs et touffus; il les examinait attentivement.
  Jean sauta sur ses pieds et se trouva en face de l'étranger.


Reproduction interdite

 

 

 

 

COMMENTAIRE en ligne



Jean qui grogne et Jean qui rit by, Comtesse de SEGUR
www.amazon.fr

 

 

 

ANNEXE



Jean qui grogne et Jean qui rit by, Comtesse de SEGUR
Editeur :   Optic (1946)
A.S.I.N :   B003BPPGT6

 

 

 

LIENS



Wikipédia
Jean qui grogne et Jean qui rit

Wikipédia
Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur

Forum Livres Enfants
Comtesse de Ségur et ses œuvres

 

 

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