Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 13:27

Les bêtes qu'on appelle sauvages, by André DEMAISON

 

 

Présentation de l'Editeur


  Ces « Bêtes qu'on appelle sauvages » nous offrent mieux qu'une lecture : une évasion. Le cadre, les acteurs sont inhabituels et l'intérêt s'en trouve accru.
« Dans une boucle du Niger, aux confins du pays des Mossis, chez les Bobos », un homme blanc « travaille de son cerveau et de ses mains ». En plus de ses travaux, il s'intéresse aux bêtes de la brousse; il les aime, et prétend s'en faire des amies, par la douceur et la bonté. Et les relations d'homme à bêtes sont racontées simplement, avec beaucoup de sensibilité, d'émotion, d'humour aussi.
  Le décor est dépeint avec un rare bonheur : la chaleur accablante, la végétation des tropiques, les bons noirs naïfs et malins tout à la fois, sont évoqués en peu de mots, par touches légères, comme un fond de tableau, mais avec tant de précision que, suivant la formule banale, « on croit y être. »
Dès l'âge de 12 ans les jeunes s'intéresseront à Ouarä la lionne, à Tân l'antilope, à Kho-Kho le marabout, et à toutes ces bêtes auxquelles André Demaison s'est attaché et qu'il sait rendre sympathiques, intéressantes ou amusantes.

 


G. F. 12 à 20

 

 

 

FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


 




Titre :   Les bêtes qu'on appelle sauvage
Auteur :   André   DEMAISON
Edition :   ÉDITIONS G. P., - 80, RUE SAINT - LAZARE - PARIS (9e)

est le trente-neuvième de la
BIBLIOTHÈQUE
ROUGE et OR

Série Souveraine

ILLUSTRATIONS DE JEAN CHIÈZE
Couleurs pleine page hors - texte et
noir & blanc pleine page hors-texte et in texte.

Dans un pays de la boucle du Niger
Des chasseurs tuèrent une mère lionne
Tout en elle marquait la méfiance
Bientôt le bec ne suffit plus
Elle choisissait de petits bois éparpillés
Une chèvre indigène lui fut donnée
Nagô était vêtu d'une cotte sans manches
« Maintenant, chacun de son côté, n'est-ce pas! »
Le troupeau parvint au double ruban de fer
Parfois, écartés l'un de l'autre, ils rêvaient
Les trois malheureux se confiaient vraiment leur détresse
Devant la machine, Tân hésite
Il se mit à flairer l'espace, du côté du Maroc
Les nerfs à vif, Zib hurlait d'émotion
La génisse se débat, essaie de remonter la berge
Alors, c'est la ruée infâme dans la nuit


© COPYRIGHT 1950 BY EDITIONS G. P. - PARIS

C. O. L. : 11. 0282     ÉDITION 1952     Dépôt légal n° 236

Il a été achevé d'imprimer
pour les
ÉDITIONS G. P. à Paris
en Août 1950 sur les presses de
« La Photolith »
Photogravure S. T. O.


C. O. L. : 11. 0282     DÉPOT LÉGAL n° 593

Il a été achevé d' imprimer
pour les ÉDITIONS G.P. à PARIS
en Mai 1958
sur les presses de
LA PHOTOLITH-L.   DELAPORTE

Reliure :   Cartonnée en pelline ivoire, dos orné, plat décoré au balancier.
Nombre de pages : 191       TABLE DES MATIÈRES : NON

Poids :   435 grammes     Format :   150 x 205 x 15 mm
I.S.B.N :   NON     Code Barre = EAN :   NON

Printed in France

Livre épuisé chez l'Editeur

 

 

 

EXTRAIT   Les bêtes qu'on appelle sauvages, by André DEMAISON   page 147



Les bêtes qu'on appelle sauvage by, André DEMAISON


  Tân s'approche encore. Une halte à chaque pas. Il veut se pencher à nouveau sur ce puits de lumière. Son maître lui a montré le chemin, lui a donné l'exemple. La tête et le col baignés de chaleur, il flaire ces nouveautés, il contemple ces objets aux mouvements égaux et infatigables, et dont les faces miroitent comme la rivière au soleil. Il écoute ces rumeurs si différentes de celles qu'il a entendues et de celles qu'ont entendues, de la naissance à la mort, tous les cobas et toutes les antilopes de la Terre Chaude, et dans toutes les générations jusqu'à lui. Tous ces anciens bruits de la nature hostile ou propice qui sont dans les cellules de sa tête et qui animent les muscles tendus de son corps, Tân ne les écoute plus. Ou plutôt, il les recherche et ne les retrouve plus. Il n'entend plus que les trois syllabes égales que la machine articule sans arrêt, à chaque détente de la vapeur. Ses muscles sont raidis par la lutte incessante contre le roulis. Son cerveau est engourdi par la veille, saisi par le froid. Ce cerveau, logé sous les jeunes cornes, subit en même temps une étreinte venue d'en haut et qui le pousse vers le trou béant; - la même étreinte qui faisait frissonner sa mère antilope quand elle voulait boire à une mare et que la harde redoutait la chute d'une masse tachetée, armée de griffes et de crocs, sur le dos de l'un de ses membres.
  Le bosco vient de passer en grommelant. Il a essayé de lancer un coup de pied à la bête. Le roulis le lui a fait manquer. Le bosco n'a jamais caressé Tân, ne lui a jamais donné de pain, lui a toujours parlé d'une voix rude.
  ... Tân ne sait plus trop où il va, qui il est. Il ignore que la race des hommes compte aussi des brutes. Il ne connaît bien, il n'aime que son maître. Et son maître dort dans ce froid, comme il dormait dans sa chambre au cours des nuits chaudes et paisibles. Heureusement que là, sous lui, la chaleur monte, sans flamme, très douce contre son poitrail, la vraie chaleur qui ne trahit pas, et qu'il retrouve ici au milieu de l'univers en désordre.
  Devant la machine qui répète sans trève le même mot, comme une révélation unique et infatigable, comme un ordre obsédant, Tân hésite. Soupçonne-t-il que, dans la vie d'une antilope, il y a autre chose qu'une sombre coursive, du foin humide et salé, un bosco haineux et difforme, un sol vacillant et des hommes, des hommes?... Justement, en bas, dans le gouffre lumineux, il vient de les entendre vivre, parler. L'un d'eux siffle. Manifestations, dans la nuit, de ces hommes faits comme le maître auquel il s'est donné.
  En haut, soudain, des sabots martèlent la passerelle. C'est le bosco qui fait son quart ou sa tournée, le bosco et sa grimace de raté. Tân fait un pas de plus en avant, ses grands yeux noirs toujours fixés sur les plateaux des cylindres, sur les tiges des pistons qui montent, descendent, remontent et redescendent sans effort, en souplesse. Tân fait encore un pas, bute au seuil de la porte relevé à hauteur du genou pour arrêter la vague salée quand elle s'engouffre sous la coursive ou l'eau des pompes qui lave le pont. Son maître avait franchi cet obstacle, pour mieux voir tout à l'heure, et pour mieux respirer l'air chaud. Tân franchit le seuil et pose une patte sur le paillasson qui recouvre un palier ajouré.


Reproduction interdite
 

 

 

 

ANNEXE



Les bêtes qu'on appelle sauvages, by André DEMAISON
Editeur :   Editions G.P., Paris
A.S.I.N :   B002T89AOS

 

 

 

LIENS



WIKIPÉDIA
André Demaison

 

 

Retour accueil

 

 

Haut de page

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : CONSUS - FRANCE
  • CONSUS - FRANCE
  • : TROYAT BLYTON DUMAS QUINE, extraits, illustrations
  • Contact

Profil

  • CONSUS - FRANCE

Recherche

Hébergé par Overblog