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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 08:26

Jean qui grogne Jean qui rit, by Comtesse de SEGUR
 

Présentation de l'Editeur


 

Néant


 

    A MA PETITE-FILLE
  MARIE-THÉRÈSE DE SÉGUR

    Chère petite, tu as longtemps attendu ton livre, c'est qu'il y avait bien des frères, des cousins, des cousines, d'un âge plus respectable que le tien. Mais enfin, voici ton tour. JEAN QUI RIT te fera rire, je l'espère; je ne crains pas que JEAN QUI GROGNE te fasse grogner.
        Ta grand'mère qui t'aime bien,


              COMTESSE DE SÉGUR,
                  née ROSTOPCHINE.

 

 

FICHE   TECHNIQUE DU LIVRE





Titre :   Jean qui grogne, Jean qui rit
Auteur :   Comtesse de   SÉGUR
Edition :   LIBRAIRIE HACHETTE

Nouvelle Collection SÉGUR 1930

ILLUSTRATIONS DE A.   PÉCOUD
noir & blanc pleine page annotées.

JEAN SE JETA DANS LES BRAS DE SA MÈRE. p. 15
TOUT A COUP UNE GROSSE VOIX RETENTIT DERRIÈRE LES ENFANTS. p. 25
UN PAYSAN FIT MONTER LES ENFANTS DANS SA CARRIOLE. p. 39
LES DEUX CHANTEURS HURLÈRENT « AU VOLEUR! AU VOLEUR! ». p. 91
IL NE RESTA PLUS POUR JEANNOT QU'UNE ÉNORME DANSEUSE. p. 115
JEAN TROUVA UNE MALLE PLEINE DE LINGE ET D'HABITS. p. 167
M. ABEL PRIT UNE BROSSE ET CIRA UNE CHAUSSURE. p. 187
LA FOIRE DE SAINT-CLOUD ÉTAIT TRÈS BRILLANTE. p. 127
JEAN ET MARIE SE MARIÈRENT. p. 249


LIBRAIRIE
HACHETTE
9, rue Stanislas
10 - 31.   PARIS

Tous droits de traduction, de reproduction
et d'adaptation réservés pour tous pays.
Copyright by Librairie Hachette, 1931.

Reliure :   Relié sur papier fort illustrée couleurs in recto.
IMP.   DE MATTEIS - PARIS

Nombre de pages : 256       TABLE DES MATIÈRES : OUI

Poids :   215 grammes     Format :   125 x 175 mm
I.S.B.N :   NON                Code Barre = EAN :   NON

Livre épuisé chez l' Editeur
 

EXTRAIT   Jean qui grogne, Jean qui rit, by Comtesse SEGUR   page 91


Jean qui grogne, Jean qui rit by, Comtesse de SEGUR -image


      M. ABEL
  Tant mieux, mon ami, tant mieux. Et as-tu de quoi t'habiller?
      JEAN
  Je crois bien, monsieur; Simon me prête un habit et un gilet qui lui sont devenus trop étroits, et un pantalon auquel Mme Métis veut bien faire un rempli de six pouces pour le mettre à ma taille.
      M. ABEL, riant
  Mais, mon pauvre garçon, tu flotteras dans tes habits comme un goujon dans un haquet.
      JEAN
  Ca ne fait rien, monsieur. Il vaut mieux être trop à l'aise que trop à l'étroit. Je m'amuserai bien tout de même. De la musique! Jugez donc! moi qui n'en ai jamais entendu. Et puis des rafraîchissements! Et des échaudés! des macarons! du vin chaud!
      M. ABEL, souriant
  Ecoute, Jean; sais-tu que ce que tu m'en dis me fait venir l'eau à la bouche? C'est que j'ai bien envie d'y aller? Ne pourrais-tu pas me faire inviter avec un de mes amis, M. Caïn?
      JEAN
  Mais je pense bien qu'oui, monsieur. Je vais demander à Simon. Dis donc, Simon, peux-tu faire inviter M. Abel à la soirée de M. Pontois?
      SIMON
  Je suis bien sûr que M. Pontois ne demandera pas mieux; qu'il sera fort honoré d'avoir M. Abel.
      JEAN
  C'est qu'il faut aussi faire inviter son ami, M. Caïn.
      SIMON
  M. Caïn? »
  Simon regarda d'un air surpris M. Abel, qui souriait de l'étonnement de Simon; mais, reprenant son sérieux :
      M. ABEL
  « Oui, Simon, mon ami Caïn; cela te parait drôle que Caïn soit ami d'Abel? C'est pourtant vrai. Je ne vais pas dans le monde sans lui. C'est un grand musicien; nous faisons de la musique ensemble.
      SIMON
  Bien, monsieur, je donnerai réponse à monsieur demain; elle est facile à deviner. C'est un grand honneur que nous fait monsieur. »
  M. Abel, très content de l'invitation promise, questionna beaucoup Jean sur la soirée projetée, le monde qui y serait, etc.
  Le lendemain, Simon annonça à M. Abel que M. et Mme Pontois se trouvaient fort honorés d'avoir M. Abel et son ami M. Caïn, et que, s'il voulait mettre le comble à ses bontés, ce serait de leur chantier quelque chose.
  « Nous verrons, nous verrons, répondit M. Abel d'un air assez indifférent. Peut-être, si je suis en voix. »
  Simon fut aussi enchanté que Jean de cette demi-promesse, qu'il communiqua dès le soir même à M. et Mme Pontois.
  La soirée devait avoir lieu le surlendemain dimanche. A huit heures, l'appartement de l'entresol était éclairé, illuminé a giorno; il se composait d'une petite entrée, d'une salle ou salon avec deux fenêtres donnant sur la rue de Rivoli, et d'une chambre à coucher où étaient les rafraîchissements; deux lampes Carcel éclairaient le côté de la cheminée; quatre bougies illuminaient le côté opposé; un quinquet de chacun des côtés restant complétaient l'éclkairage.
  Les rafraîchissements se composaient d'eau sucrée, d'eau rougie, de bière, de tartines de pain et de beurre, d'échaudés, de macarons, de pruneaux et raisins secs, d'amandes, de noisettes, de pâtes de réglisse et de guimauve, de sucre d'orge et de sucre candi.
  Les invités commençaient à arriver. Simon et Jean avaient été des premiers. Jean flottait (comme l'avait dit M. Abel) dans les habits de Simon. Et Simon, au contraire, était ficelé dans les siens, achetés depuis longtemps et avant qu'il eût pris du corps. Jeannot avait une veste, un gilet, un pantalon loués pour la soirée; mais ils étaient si heureux des plaisirs de cette réunion, qu'ils ne songeaient pas à l'effet que produisaient leurs vêtements.
  M. Abel arriva et présenta son ami, M. Caïn; tous deux étaient en grande tenue de soirée, gants paille, cravates blanches, gilets blancs, vêtements noirs. On les attendait pour commencer le concert. Quelques dames miaulèrent quelques romances; quelques messieurs hurlèrent quelques grands airs, on mangea, on but; Jean et Jeannot s'en donnaient et ne s'éloignaient pas de la table des rafraîchissements.
  La soirée était fort avancée, et Caïn et Abel n'avaient pas encore chanté.
  « Monsieur, dit Mme Pontois en s'approchant de M. Abel, on nous avait fait espérer que vous voudriez bien chanter quelque chose.
      M. ABEL, avec hésitation
  Oui, madame... Mais je ne chante jamais seul... Caïn m'accompagne toujours,... et... je dois vous prévenir que nous avons des voix si puissantes... que... ce ne serait peut-être pas prudent de tenir les fenêtres fermées... Les vitres pourraien se briser... Avec quo
  - Mais qu'à cela ne tienne, monsieur. Pontois, ouvre les fenêtres.
  - Comment? Pourquoi? »
  L'explication que donna Mme Pontois courut tout le salon; la curiosité était vivement excitée. M. Abel s'approcha du piano; M. Caïn s'assit pour accompagner. Après quelques minutes de préparatifs, de gammes préludantes, de petites notes brillantes, un accord formidable se fit entendre; un cri puissant y répondit, et alors commença un duo comme on n'en avait jamais entendu. Les deux chanteurs hurlèrent d'un commun accord, de toute la force de leurs poumons et en s'accompagnant d'un tonnerre d'accords :
  « Au voleur! Au voleur! A la garde! A l'assassin! On m'égorge! Au secours! Oh! là! là! Oh! la! là! Tu périras! Tu périras! Gredin! Assassin! A la garde! A la garde! Oh! là! Oh! là! là! »
  Des cris du dehors répondirent aux hurlements du dedans; M. et Mme Pontois, éperdus, criaient aux chanteurs d'arrêter; les cris du dehors devenaient menaçants; M. Pontois courut fermer les fenêtres; des coups frappés à la porte d'entrée, des ordres impérieux d'ouvrir, les cris des invités qui demandaient du silence, les hurlements obstinés des chanteurs, mirent en émoi tous les habitants de la maison; ils se joignirent aux gens du dehors pour forcer l'entrée, et lorsque enfin M. Pontois, effrayé du tumulte extérieur et craignant une invasion par les fenêtres, se décida à ouvrir la porte d'entrée, une avalanche d'hommes, de femmes, d'enfants, se précipita dans l'appartement; le tumulte, le désordre furent à leur comble; Abel et le prétendu Caïn en profitèrent pour quitter le champ de bataille, et se trouvèrent dans la rue riant aux éclats de leurs chants improvisés et discordants. En arrivant dans la rue, ils arrêtèrent une escouade de sergents de ville qui accouraient au secours des victimes égorgées; ils leur expliquèrent la cause de tout ce bruit.
  « C'est une plaisanterie qui aurait pu devenir fâcheuse, dit un des sergents de ville qui accouraient au secours des victimes égorgées, ils leur expliquèrent la cause de tout ce bruit.
  « C'est une plaisanterie qui aurait pu devenir fâcheuse, dit un des sergents de ville.
  - N'est-ce pas? Ca n'a pas de bon sens, dirent en cœur Caïn et Abel. Aussi nous avons quitté la partie; les salons sont pleins, on y étouffe. C'est à n'y pas tenir. »
  Les deux amis s'en allèrent enchantés de leurs succès.
  « Je déteste les épiciers, dit Abel.
      CAIN
  Pourquoi les détestes-tu? Qu'est-ce qu'ils t'ont fait?
      ABEL
  Rien du tout; mais leurs airs goguenards, impertinents, leur aisance et leur sans-gêne, leur esprit et leur langage épicé, tout cela m'impatiente, et j'ai toujours envie de leur jouer des tours.
      CAIN
  Je t'assure, mon cher, que tu as tort; les épiciers sont comme les autres hommes, il y en a de bons, il y en a de mauvais.
      ABEL
  C'est possible! Mais que veux-tu? Je ne les aime pas. »
  L'ami leva les épaules en riant, et ne dit plus rien sur ce sujet.


Reproduction interdite

 



 

COMMENTAIRE en ligne


Jean qui grogne et Jean qui rit, by Comtesse de SÉGUR
www.amazon.fr

 

ANNEXE



Jean qui grogne et Jean qui rit by, Comtesse de SEGUR
Editeur :   Hachette (1931)
A.S.I.N :   B001BR2PTK

 

 

 

 

 

LIENS



Wikipédia
Jean qui grogne et Jean qui rit

Wikipédia
Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur

Forum Livres Enfants
Comtesse de Ségur et ses œuvres

 

 

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