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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 13:59

Dessenchantés, by Pierre LOTI




A la chère et vénérée angoissante mémoire

DE

LEYLA-AZIZÉ-AïCHÉ HANUM,


fille de Mehmed Bey J... Z... et de Esma Hanum D..., née le 16 Rébi-ul-ahir 1297 à T... (Asie-Mineure), morte le 28 Chebâl 1323 (17 décembre 1905) à Ch... Z... (Stamboul).



PIERRE LOTI.

 

AVANT-PROPOS


  C'est une histoire entièrement imaginée. On perdrait sa peine en voulant donner à Djénane, à Zeyneb, à Mélek ou à André, des noms véritables, car ils n'ont jamais existé.
  Il n'y a de vrai que la haute culture intellectuelle répandue aujourd'hui dans les harems de Turquie, et la souffrance qui en résulte.
  Cette souffrance-là, apparue peut-être d'une manière plus frappante à mes yeux d'étranger, mes chers amis les Turcs s'en inquiètent déjà et voudraient l'adoucir.
  Le remède, je n'ai, bien entendu, aucune prétention à l'avoir découvert, quand de profonds penseurs, là-bas, le cherchent encore. Mais, comme eux, je suis convaincu qu'il existe et se trouvera, car le merveilleux prophèse de l'Islam, qui fut avant tout un être de lumière et de charité, ne peut pas vouloir que des règles édictées par lui jadis, deviennent, avec l'inévitabl évolution du temps, des motifs de souffrir.

Pierre Loti

FICHE   TECHNIQUE   DU LIVRE





Titre :   Les Désenchantées
Auteur :   Pierre   LOTI
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
Edition :   CALMANN-LÉVY  

Collection :   pourpre


ROMAN
DES HAREMS TURCS CONTEMPORAINS


Imprimé en France
BRODARD & TAUPIN
Coulommiers - Paris
28343 - 7 - 1939

Tous droits de traduction, de reproduction
et d'adaptation
réservés pour tous pays.


Reliure :   Reliée sur cartonnage
Titrage doré à chaud inscrit au dos
Nombre de pages : 249   TABLE DES MATIÈRES : NON

Poids :   240 grammes      Format :   115 x 255 mm
I.S.B.N :   NON                Code Barre = EAN :   NON

Livre épuisé chez l'Editeur



EXTRAIT   Les désenchantées by, Pierre LOTI


Les désenchantées by, Pierre LOTI -image-70-150




  Mais, avant de se mettre au lit, elles se jetèrent dans les bras les unes des autres, pour se faire de grands adieux; elle se pleuraient mutuellement, comme si cette journée de demain allait à tout jamais les séparer. de peur de voir reparaître madame Husnugul, qui devait être aux écoutes derrière la porte seulement poussées, elles n'osaient point se parler; quant à dormir, elles ne le pouvaient, et, de temps à autre, on entendait un soupir, ou un sanglot, soulever une de ces jeunes poitrines.
  La fiancée, au milieu de ce profond recueillement nocturne, propice aux lucidités de l'angoisse, s'affolait de plus en plus, à sentir que chaque heure, chaque minute la rapprochaient de l'irréparable humiliation, du désastre final. Elle l'abhorrait à présent, avec sa violence de "barbare", cet étranger, dont elle avait à peine aperçu le visage, mais qui demain aurait tous les droits sur sa personne et pour toujours. Puisque rien n'était accompli encore, une tentation plus forte lui venait d'essayer n'importe quel effort suprême pour lui échapper, même au risque de tout... Mais quoi?... Quel secours humain pouvait-elle attendre, qui donc aurait pitié?... Se jeter aux pieds de son père, c'était trop tard, elle ne le fléchirait plus... Bientôt minuit; la lune envoyait sa lumière spectrale dans la chambre; ses rayons entraient, dessinant sur la blancheur des murs les barreaux et l'inexorable quadrillage des fenêtres. Ils éclairaient aussi, au-dessus de la tête de la petite princesse, ce verset du Coran que chaque musulmane doit avoir à son chevet, qui la suit depuis l'enfance et qui est comme une continuelle prière protectrice de sa vie; son verset, à elle, était, sur fond de velours vert-émir, une ancienne et admirable broderie d'or, dessinée par un célèbre calligraphe du temps passé, et il disait cette phrase, aussi douce que celles de l'Évangile : " Mes péchés sont grands comme les mers, mais ton pardon plus grand encore, ô Allah!" Longtemps après que la jeune fille avait cessé de croire, l'inscription sainte, gardienne de son sommeil, avait continué d'agir sur son âme, et une vague confiance lui était restée en une suprême bonté, un suprême pardon. Mais c'était fini maintenant; ni avant ni après la mort, elle n'espérait plus aucune miséricorde, même imprécise : non, seule à souffrir, seule à se défendre, et seule responsable!... En ce moment donc, elle se sentait prête aux résolutions extrêmes. .


Reproduction interdite





ANNEXE



Les désenchantées
Editeur :   Calmann-Lévy (1939)
A.S.I.N :   B0000DWVW2
www.amazon.fr

LIENS


Wikipédia
Pierre LOTI

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