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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 08:28
L'Ombre s'étend sur la Montagne, by Édouard ROD


Présentation de l'Editeur



Néant





FICHE     TECHNIQUE   DU   LIVRE



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Titre :   L'Ombre s'étend sur la Montagne
Auteur :   Édouard   ROD   né en 1857
Edition :   Nelson, Éditeurs
Parsis
189, rue Saint-Jacques
Londres, Édimbourg et New-York




Première édition de « L'Ombre s'étend
sur la Montagne » : 1907


IMPRIMERIE NELSON, ÉDIMBOURG, ÉCOSSE
PRINTED IN GREAT BRITAIN


Reliure : Relié sur cartonnage pleine toile
Nombre de pages : 288       TABLE  DES  MATIÈRES : OUI

Poids :   220 grammes     Format :   110 x 160 mm
I. S. B. N :   NON             Code Barre = EAN :   NON


EXTRAIT   page : 12



L'Ombre s'étend sur la Montagne, by Édouard ROD -image-55-150




  Serré dans son léger pardessus gris, l'homme avait une nerveuse figure expressive et pourtant réservée, comme si une volonté, trop intermittente pour réussir toujours, en surveillait constamment les muscles agiles, les traits changeants, s'appliquant à les figer dans une immobilité bientôt dérangée. Une barbe et des cheveux abondants, légèrement ondulés, autrefois blonds, mais un peu décolorés et striés de fils d'argent, lui donnaient une faible ressemblance avec la tête traditionnelle du Christ dans les peintures de la Renaissance italienne : un Christ très dépendant de son humanité, en qui se fussent mêlés, dans des proportions incertaines, le calme et l'inquiétude, la force et la faiblesse, l'agitation et la sérénité. Les yeux brun clair, pailletés d'or, prenaient volontiers une expression lointaine, - infranchissable, - comme s'ils cherchaient à condenser leurs regards sur les spectacles de la vie intérieure; et cette expression pouvait devenir très vite, suivant l'émotion, étonnée, candide ou mélancolique. Le petit chapeau de paille cachait un front superbement modelé, dont les saillies se dessinaient en vigueur, comme dans ces marbres d'où le ciseau du sculpteur fait jaillir à son gré la passion ou la pensée. La courbe un peu brusque du nez relevait d'un dernier accent plus énergique l'ensemble de la physionomie. De nombreux portraits avaient popularisé cette figure d'artiste. Dans les rues d'Interlaken, dans les jardins d'hôtel, on la désignait volontiers à la curiosité des passants :
  - C'est Frantz Lysel, le grand violoniste!
  Tout à l'heure, deux étudiants suisses, en casquettes blanches, qui descendaient d'Umspunnen, s'étaient poussés du coude en l'apercevant :
  - Frantz Lysel! Avec qui donc est-il?...
  Et c'était bien le musicien célèbre que sa race, la qualité de son jeu, celle de ses compositions, peut-être aussi la pâleur parfois maladive de sa figure et la paresse morbide de ses mouvements, faisaient surnommer le Chopin du violon.
  Très grande, d'une extrême sveltesse, enveloppée dans un souple manteau chatoyant, sa compagne offrait l'image d'une figure admirablement harmonieuse. Toutes les lignes s'en accordaient à dégage une impression de noblesse et de pureté, comparable à celle que nous donnent ces belles fleurs qui s'évasent sur une longue tige. Les traits du visage gardaient le même caractère : la ligne presque droite des sourcils en soulignait la régularité plutôt sévère, qu'adoucissait en revanche l'indicible beauté d'une bouche un peu grande, mobile, éloquente, toujours prête à frémir au flux des émotions. Le teint, d'une transparence nacrée, conservait une fraîcheur juvénile, tandis que la chevelure, châtaine à reflets d'or, rebelle et domptée, s'argentait et semblait poudrée à frimas. Les yeux, d'un vert de mer profond, prenaient par moments, sous les longs cils, des reflets couleur de pensée, quand leur regard devenait plus intense. Ils étaient presque toujours cernés d'une sorte de meurtrissure qui, bleuissant le réseau des veines, leur donnait comme un accent passionné. A cette heure, ils s'absorbaient avec une gravité singulière dans la contemplation du paysage, comme si les jeux de la lumière sur la neige eussent suffi à leur attention; mais le frémissement continu des belles lèvres qui vibraient comme des pétales de fleurs au frôlement d'une abeille, révélait un orage sous la surface limpide de cette eau dormante. Dans son ensemble, cette physionomie présentait certains contrastes d'expression assez proches de ceux qui frappaient chez Lysel, et peut-être plus accentués : on aurait pu la croire indifférente jusqu'à la froideur, si on ne l'avait vue s'animer soudain au point de livrer ses secrets dans un éclair; son effort était de se taire, et nulle volonté n'en pouvait réprimer la frissonnante éloquence : elle était comme un livre fermé, dont on sait qu'il recèle toute la poésie, et que chacune de ses pages réserve une vivante surprise.


Reproduction interdite




ANNEXE



L'Ombre s'étend sur la Montagne, by Édouard ROD
Editeur :   Nelson Éditeurs
Collection :   Nelson
A.S.I.N :   B0000DWBOA
www.amazon.fr


LIENS



Wikipédia 
Édouard ROD

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