Partager l'article ! Anne et le mini-club, by Madeleine GILARD: Présentation de l'Editeur Quand les filles ...
Quand les filles sortaient du lycée et prenaient leurs vélos, il faisait déjà sombre. Lorsque Jean-François n'était pas avec elles, Anne et Valérie
roulaient sans parler, jetant de brefs coup d'œil par-dessus l'épaule. La « bande à Geof » était présente à leur pensée. Oui, il y avait la bande, il y avait la mauvaise humeur des parents. La
Cité Neuve « mal fignolée », comme disait Serge, était sinistre. « Il faut, se dit Anne, il faut inventer quelque chose pour sortir de là... » Et c'est ainsi que naquit le Mini-Club...
Poids : 357 grammes Format : 120 x 190 mm
I.S.B.N : NON Code Barre = EAN : NON
Saint-Marollin Cité-Neuve s'installa dans l'automne. Les rares feuillages des petits arbres roussirent et tombèrent. Il y eut par terre un peu
moins de poussière et un peu plus de boue.
Quand les filles sortaient de classe et prenaient leurs vélos parmi les deux-roues enchaînés devant le lycée, il leur fallait penser à brancher la lampe, il faisait déjà presque sombre.
Elles rentraient par les grandes avenues se coupant à angle droit. Christine lâchait le peloton un peu avant le supermarché. Irène Voisenard continuait à pédaler ferme en direction de sa
demeure. Anne et Valérie Perrin traînassaient souvent avec le frère de Valérie, Jean-François. Seules, elles s'attardaient moins. Elles roulaient sans parler, zigzaguant pour éviter les
moellons et les briques cassées, jetant de brefs coups d'œil par-dessus l'épaule. La « bande à Geof » était présente à leur pensée.
Un jour, Paul-Louis en fut victime. Paul-Louis et son vélo. Depuis la rentrée, il refusait de se servir de la vieille bicyclette d'Anne. Il avait bien essayé, le pauvre, de la
transformer en véhicule de garçon par l'adjonction entre selle et guidon d'une barre postiche, mais nul ne s'y trompait et Anne avait déclaré : « Tu peux compter que je ne circulerai pas avec
toi dans cet équipage - pour qu'on nous montre du doigt! »
Les copains de l'école avaient dû le montrer du doigt, car le vélo n'était plus sorti de la cave. Papa et maman, compréhensifs, et tenant du reste une vieille promesse, s'étaient fendus
d'un vélo superbe pour les dix ans de Paulou. Le roi n'était pas son cousin.
Rentrant de classe en compagnie de sa nouvelle grande amie, Colette, qui habitait aussi avenue de la Fraternité, il laissa son vélo en bas tandis qu'il montait chercher son goûter et ses
patins à roulettes. Les enfants patinaient entre les voitures garées sur le terre-plein asphalté dénommé Parc aux Saules.
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