Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 13:56

Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, by Alphonse DAUDET

Présentation de l'Editeur


Le charme de la Provence, le soleil de la Provence, la gaieté de la Provence, toutes ces qualités se retrouvent dans ce plaisant chef-d'œuvre avec la douceur de vivre qui pouvait exister au siècle passé dans une petite ville du Midi. Douceur de vivre que savoure Tartarin mais qui pèse un peu à ce bourgeois épris d'héroïsme. De là son goût de la vantardise qui finira par le lancer - pas trop rasuré - dans sa rocambolesque épopée africaine. Il y déploiera l'énergie et la persévérance qui feront de lui un héros, un héros attendrissant et un peu comique, mais un héros tout de même.




A mon ami

GONZAGUE PRIVAT

FICHE   TECHNIQUE   DU LIVRE


 



Titre :   Aventures prodigieuses de
Tartarin de Tarascon
Auteur :   Alphonse   DAUDET
Edition :   J'ai Lu

  numéro : 34 *   roman

Dépôt légal   3° trimestre 1974.     texte intégral

IMPRIMÉ EN FRANCE PAR BRODARD ET TAUPIN
Usine de La Flèche, le 20-09-1974.
6589-5

© Librairie Flammarion


Reliure :   Brochée, illustrée couleurs en recto
Illustration de François BOUDIGNON
Nombre de pages : 122       TABLE DES MATIÈRES : OUI

Poids :   100 grammes   Format :   110 x 165 mm
I.S.B.N :   NON            Code Barre = EAN :   NON

Livre épuisé chez l'Editeur




EXTRAIT   Les navires dans le port


 

  Plus loin, le bassin de carénage, les grands vaisseaux couchés sur le flanc, le bruit assourdissant des charpentiers doublant la coque des navires avec de grandes plaques de cuivre. Parfois, entre les mâts, une éclaircie. Alors Tartarin voyait l'entrée du port, le grand va-et-vient des navires, une frégate anglaise partant pour Malte, pimpante et bien lavée avec des officiers en gants jaunes, ou bien un grand brick marseillais démarrant au milieu des cris, et à l'arrière, un gros capitaine en redingote et chapeau de soie commandant la manœuvre en provençal. Des navires qui s'en allaient en courant, toutes voiles dehors. D'autres, là-bas, bien loin, qui arrivaient lentement dans le soleil, comme en l'air.



EXTRAIT   Départ de Tartarin pour la chasse au lion


 

  Tartarin est le plus habile chasseur de casquettes de Tarascon. A défaut de gibier, en effet, les chasseurs tarasconnais jettent leur casquette en l'air, et c'est à qui la cribler, le mieux de son plomb. Ces succès continus poussent Tartarin à tenter une chasse plus sérieuse, celle du lion, et il se décide à aller en Algérie pour y mettre à profil son adresse. Le récit suivant nous fait assister à son départ.

  Enfin il arriva, le jour solennel, le grand jour.
  Dès l'aube, tout Tarascon était sur pied, encombrant le chemin d'Avignon et les abords de la petite maison du baobab.
  Du monde aux fenêtres, sur les toits, sur les arbres; des mariniers du Rhône, des portefaix, des décrotteurs, des bourgeois, des ourdisseuses, des taffetassières, le cercle, enfin toute la ville; puis aussi des gens de Beaucaire qui avaient passé le pont, des maraîchers de la banlieue, des charrettes à grandes bâches, des vignerons hissés sur de belles mules attifées de rubans, de flots, de grelots, de nœuds, de sonnettes, et même, de loin en loin quelques jolies filles d'Arles, venues en croupe de leur galant, le ruban d'azur autour de la tête, sur de petits chevaux de Camargue gris de fer.
  Toute cette foule se pressait, se bousculait devant la porte de Tartarin, ce bon M. Tartarin, qui s'en allait tuer les lions, chez les Teurs;
  Pour Tarascon, l'Algérie, l'Afrique, la Grèce, la Turquie, la Mésopotamie, tout cela forme un grand pays très vaguue, presque mythologique, et cela s'appelle les Teurs. (les Turcs).
  Au milieu de cette cohue, les chasseurs de casquettes allaient et venaient, fiers du triomphe de leur chef et traçant sur leur passage comme des sillons glorieux.
  Devant la maison du baobab, deux grandes brouettes. De temps en temps, la porte s'ouvrait, laissant voir quelques personnes qui se promenaient gravement dans le petit jardin. Des hommes apportaient des caisses, des sacs de nuit, qu'ils empilaient sur les brouettes.
  A chaque nouveau colis, la foule frémissait. On se nommait les objets à haute voix. « Ça, c'est la tente-abri... Ça, ce sont les conserves... la pharmacie... las caisses d'armes... » Et les chasseurs de casquettes donnaient des explications.
  Tout à coup, vers dix heures, il se fit un grand mouvement dans la foule. La porte du jardin tourna sur ses gonds violemment.
  « C'est lui!... c'est lui!... » criait-on.
  C'était lui.
  Quand il parut sur le seuil, deux cris de stupeur partirent de la foule.
  - C'est un Teur!...
  - Il a des lunettes!
  Tartarin de Tarascon, en effet, avait cru de son devoir, allant en Algérie, de prendre le costume algérien. Large pantalon bouffant en toile blanche, petite veste collante à boutons de métal, deux pieds de ceinture rouge autour de l'estomac, le cou nu, le front rasé, sur sa tête une gigantesque chéchia (bonnet rouge) et un fiot bleu d'une longueur!... Avec cela, deux lourds fusils, un sur chaque épaule, un grand couteau de chasse à la ceinture, sur le ventre une cartouchière, sur la hanche un revolver se balançant dans sa poche de cuir. C'est tout...
  Ah! pardon! j'oubliais les lunettes, une énorme paire de lunettes bleues qui venaient là bien à propos pour corriger ce qu'il y avait d'un peu farouche dans la tournure de notre héros.
  « Vive Tartarin!... vive Tartarin!... » hurla le peuple.
  Le grand homme sourit, mais ne salua pas, à cause de ses fusils qui le gênaient. Du reste, il savait maintenant à quoi s'en tenir sur la faveur populaire; peut-être même qu'au fond de son âme il maudissait ses terribles compatriotes, qui l'obligeaient à partir, à quitter son joli petit chez lui aux murs blancs, aux persiennes vertes... Mais cela ne se voyait pas.
  Calme et fier, quoiqu'un peu pâle, il s'avança sur la chaussée, regarda ses brouettes, et, voyant que tout était bien, prit gaillardement le chemin de la gare, sans même se retourner une fois vers la maison du baobab. Derrière lui marchaient le brave commandant Bravida, ancien capitaine d'habillement, le président Ladevèze, puis l'armurier Costecalde et tous les chasseurs de casquettes, puis les brouettes, puis le peuple.
  Devant l'embarcadère, le chef de gare l'attendait, - un vieil africain de 1830, qui lui serra les mains plusieurs fois avec chaleur.
  L'express Paris-Marseille n'était pas encore arrivé. Tartarin et son état-major entrèrent dans les salles d'attente. Pour éviter l'encombrement, derrière eux le chef de gare fit fermer les grilles.
  Pendant un quart d'heure, Tartarin se promena de long en large dans les salles, au milieu des chasseurs de casquettes. Il leur parlait de son voyage, de sa chasse, promettant d'envoyer des peaux. On s'inscrivait sur son carnet pour une peau comme pour une contredanse.
  Tranquille et doux comme Socrate au moment de boire la ciguë, l'intrépide Tarasconnais avait un mot pour chacun, un sourire pour tout le monde. Il parlait simplement, d'un air affable; on aurait dit qu'avant de partir, il voulait laisser derrière lui comme une traînée de charmes, de regrets, de bons souvenirs.
  D'entendre leur chef parler ainsi, tous les chasseurs de casquettes avaient des larmes, quelques-uns même des remords, comme le président Ladevèze et le pharmacien Bézuquet.
  Des hommes d'équipe pleuraient dans les coins. Dehors, le peuple regardait à travers les grilles, et criait : « Vive Tartarin! »
  Enfin la cloche sonna. Un roulement sourd, un sifflet déchirant ébranla les voûtes... En voiture! en voiture!
  - Adieu, Tartarin!... adieu, Tartarin!...
  - Adieu, tous!... murmura le grand homme, et sur les joues du brave commandant Bravida, il embrassa son cher Tarascon.
  Puis il s'élança sur la voie, et monta dans un wagon plein de Parisiennes, qui pensèrent mourir de peur en voyant arriver cet homme étrange avec tant de carabines et de révolvers.




COUVERTURES


 


Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, by Alphonse DAUDET   Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, by Alphonse DAUDET




CITATION


    « En France,
tout le monde est un peu de Tarascon. »




ANNEXE



Aventures prodigieuses de
Tartarin de Tarascon
Editeur :   J'ai Lu (1973)
A.S.I.N :   B0000DMWN6
www.amazon.fr




LIENS



Wikipédia
Alphonse Daudet

Bibliographie
Alphonse Daudet

Retour accueil

Haut de page

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : CONSUS - FRANCE
  • CONSUS - FRANCE
  • : TROYAT BLYTON DUMAS QUINE, extraits, illustrations
  • Contact

Profil

  • CONSUS - FRANCE

Recherche

Hébergé par Overblog