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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 10:32

Climats, by André MAUROIS




Présentation de l'Editeur


CLIMAT est pris ici dans le sens d'atmosphère. Un des personnages du livre explique que nous avons besoin de ceux que nous aimons. «s Eux seuls nous font vivre dans une certaine atmosphère dont nous ne pouvons pas nous passer. Alors, pourvu qu'on puisse les garder, les conserver, le reste, mon Dieu, qu'est-ce que cela peut faire? ».
  Cette pensée domine le livre, où se déroule la vie sentimentale de Philippe Marcenat, un industriel doublé d'un lettré. La coupe du roman est originale : dans la première partie, Philippe raconte son existence avec sa première femme, Odile; dans la seconde partie, c'est Isabelle, sa seconde femme, qui évoque leur vie commune.
  La comparaison des deux époques, qui sont séparées par la guerre, révèle un curieux renversement de situation : ici, Philippe est jaloux d'Odile; là, Isabelle est jalouse de Philippe. C'est que, la première fois, il était le plus ansimant; et la seconde fois, le plus aimé. D'ailleurs, Philippe, qui a toujours rêvé d'avoir une reine de sa vie, a eu plusieurs souveraines; mais, dansvo toutes les autres, il n'a jamais cessé de chercher Odile, dont il reste obsédé. Les deux récits s'achèvent tragiquement : dans le premier Odile trompe son mari, divorce, se remarie, et se tue; dans le second, Philippe, qui trompe au moins en pensée sa femme, meurt prématurément d'une pneumonie, à quarante ans.
  Mais c'est trahir de tels livres que de vouloir les raconter. Ils valent surtout par la finesse précieuse de leur matière. Celui-ci abonde en pensées subtiles, en vues profondes, en découvertes sur l'amour.



A SIMONE

FICHE   TECHNIQUE   DU   LIVRE


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Titre :   Climats
Auteur :   André   MAUROIS
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
Edition :   GRASSET

COLLECTION   B. 24  

- Dépôt légal n° 10   2e trimestre 1962.

Imprimé en France par Brodard-Taupin,   Imprimeur-Relieur.   Coulommiers-Paris.
58642 - I - 5 - 1962.

Reliure :   Reliée sur cartonnage pleine toile.
Jaquette illustrée couleurs in recto à double volets avec texte.
A.-C. MARTIN
Nombre de pages : 254   TABLE DES MATIÈRES : OUI

Poids :   377 grammes     Format :   130 x 210 mm
I.S.B.N :   NON               Code Barre = EAN :   NON

Livre épuisé chez l'Editeur
Valeur selon état sur le WEB : Septembre 2011 de 01€50 à 02€40


EXTRAIT   Climats, by André MAUROIS   page : 12





  Vous souvenez-vous qu'un soir, en revenant de Saint-Germain, je vous ai décrit Gandumas. C'est un pays beau et triste. Un torrent traverse nos usines, construites au fond d'une gorge assez sauvage. Notre maison, petit château du WVIè siècle comme on en trouve beaucoup en Limousin, domine une lande de bruyères. Très jeune j'ai éprouvé un sentiment d'orgueil en comprenant que j'étais un Marcenat et que notre famille régnait sur ce canton. De la minuscule fabrique de papier qui pour mon grand-père maternel n'avait été qu'un laboratoire, mon père avait fait une vaste usine. Il avait racheté les métairies et transformé Gandumas, avant lui presque en friche, en un domaine modèle. Pendant toute mon enfance, je vis construire des bâtiments et s'allonger le long du torrent le grand hangar de la pâte à papier.
  La famille de ma mère était limousine. Mon arrière-grand-père, notaire, avait acheté le château de Gandumas quand on l'avait vendu comme bien national. Mon père, ingénieur lorrain, n'était dans le pays que depuis son mariage. Il y avait fait venir un de ses frères, mon oncle Pierre, qui habitait Chardeuil, le village voisin. Le dimanche, quand il ne pleuvait pas, nos deux familles se donnaient rendez-vous aux étangs de Saint-Yrieix. Nous y allions en voiture. J'étais assis, en face de mes parents, sur un strapontin étroit et dur. Le trot monotone du cheval m'endormait; je regardais pour me distraire son ombre qui, sur les murs des villages ou sur les talus des routes, se pliait, avançait, nous dépassait, puis, au tournant, se reformait derrière nous. De temps à autre une odeur de crottin qui reste dans mon esprit, comme le son des cloches, liée à l'idée du dimanche, nous enveloppait comme un nuage, et de grosses mouches venaient se poser sur moi. Je haïssais les côtes plus que tout; alors le cheval se mettait au pas et la voiture montait avec une insupportable lenteur tandis que le vieux cocher Thomasson faisait claquer sa langue et son fouet.
  A l'auberge nous trouvions mon oncle Pierre, sa femme et ma cousine Renée, qui était leur fille unique. Ma mère nous donnait des tartines de beurre et mon père nous disait : « Allez jouer. » Nous nous promenions, Renée et moi, sous les arbres ou au bord des étangs et ramassions, chacun de notre côté, des pommes de pin et des châtaignes. Au retour Renée montait avec nous et le cocher abattait, pour qu'elle eût une place, les rebords du strapontin. Pendant le trajet mes parents ne parlaient pas.


Reproduction interdite





CITATION


 

  Toujours nous voulons chercher l'éternel ailleurs qu'ici; toujours nous tournons le regard de l'esprit vers autre chose que la présente situation et la présente apparence; ou bien nous attendons de mourir comme si tout instant n'était pas mourir et revivre. A chaque instant une vie neuve nous est offerte. Aujourd'hui, maintenant, tout de suite, c'est notre seule prise.



ALAIN.


COMMENTAIRE   en ligne



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Climats, by MAUROIS
Editeur :   GRASSET
A.S.I.N :   B0000DMXXA
www.amazn.fr


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