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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 16:22

Le juif errant, by Jean d' ORMESSON

 

Présentation de l'Editeur


  A Venise, au pied de la Douane de mer, en face du palais des Doges et de San Giorgio Maggiore avec son haut campanile, deux jeunes gens qui s'aiment vont écouter, le soir, un personnage surprenant qui porte beaucoup de noms. Ses récits les emportent, à travers l'espace et le temps, dans un tourbillon d'aventures où passent à toute allure, sous des éclairages imprévus, assez peu familiers aux enfants des écoles, Stendhal et Christophe Colomb, des Chinois et des Arabes, le procurateur de Judée et des guerriers vikings, le raid israélien sur Entebbe et l'invention du zéro, les amours de Pauline Borghèse et Les Mille et Une Nuits, toutes les passions du monde et aussi ses misères. L'homme à l'mperméable, qui raconte, avant de disparaître comme il est apparu, ces souvenirs ou ces fables qui se confondent avec la vie, se prétend condamné à l'immortalité pour avoir refusé, sur le chemin du Calvaire, un verre d'eau à Jésus titubant sous sa croix. Son histoire d'éternité fait revivre un mythe aussi universel que don Juan ou le docteur Faust : le Juif errant. Dans les récits de la Douane de mer, il ne ressemble à rien de connu : à mi-chemin de la Bible et de la bande dessinée, de Hegel et d'Arsène Lupin, il incarne l'histoire des hommes, nécessaire et inutile, depuis toujours maudite et pourtant irrésistible de gaieté et de bonheur.

FICHE   TECHNIQUE DU LIVRE


 




Titre :   Histoire du juif errant.
Auteur :   Jean d'   ORMESSON
de l'Académie frzançaise
Edition :   GALLIMARD     nrf

roman


Dépôt légal : août 1991.
1er dépôt légal : décembre 1990.


N° d'imprimeur : 1828.

Composition Bussière
et impression S. E. P. C.
à Saint-Amand (Cher), le 7 août 1991.



© Éditions Gallimard 1990.

Reliure :   Broché sur carton souple.
Nombre de pages : 595         TABLE DES MATIÈRES : OUI

Poids :   583 grammes             Format :   140 x 205 x 37 mm
I.S.B.N :   2-07-072091-8       Code Barre = EAN :   9 782070 720910

 

 

 

 

COUVERTURES   année 1991


 

Le juif errant, by Jean d' ORMESSON       Le juif errant by, Jean d'ORMESSON

 

 

 

 

COMMENTAIRE en ligne



Histoire du juif errant, by Jean d'ORMESSON
www.amazon.fr

 

 

 

EXTRAIT   Histoire du juif errant by, Jeand'ORMESSON   page 187



  Rome était à bout de souffle. L'Empire craquait de partout. Cette chose immense qui, depuis mille ans, ne faisait que croître et régner était en train de s'écrouler. Avec l'invasion des Gaulois et la lutte contre Carthage, avec les conquêtes et les guerres civiles, avec Auguste et Néron, avec Titus et Domitien, avec Trajan ou Hadrien et Caligula ou Commode, elle avait connu des hauts et des bas, des triomphes et des échecs, des malheurs provisoires et une puissance et une gloire qui ne faisaient que s'étendre. Confondu peu à peu avec le monde connu, l'Empire romain paraissait indestructible. Est-ce que l'idée traversait l'un ou l'autre de ses maîtres que la paix romaine et les légions romaines qui l'assuraient dans le sang auraient aussi une fin? Les poètes et les hommes d'État avaient beau vanter l'éternité de la Ville qui avait conquis le monde, des failles se faisaient jour dans dans le formidable édifice. Le déclin venait de loin. Dans un livre célèbre - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain -, Gibbon le fait remonter à la mort de Marc Aurèle, un peu plus de cent ans après la mort de Néron. L' agonie de l'Empire durera plus de deux siècles. Sa chute ébranlera le monde. Il lui faudra dix siècles, ou quelque chose comme ça, pour s'en remettre et l'oublier - en s'en souvenant toujours.
  La fin de l'Empire romain est confuse et superbe. La conquête mange le conquérant. Le poids du monde devient trop lourd. Les divisions s'installent. Les génies ne manquent pas : ils ne suffisent plus à la tâche. On dirait que le déclin se nourrit du déclin comme le succès se nourrit du succès. Le malheur, comme le bonheur, a quelque chose de cumulatif. Rome a changé de destin. Tout lui réussissait hier; tout échoue aujourd'hui. Le centre du monde se déplace. La fortune délaisse la Ville qui se croyait éternelle. Elle va s'installer plus à l'est, à Byzance d'abord, qui est la deuxième Rome, puis du côté du Danube et des plaines de la Pannonie.
  Il y a là des peuples nouveaux qui viennent du Nord et de l'Est et que le luxe et la luxure n'ont pas encore pervertis. Ils n'ont rien. Ils veulent tout. Ils sont dehors. Ils veulent entrer. La violence leur tient lieu de vices. Ils ont hâte de devenir riches et de devenir puissants. On les appelle les Barbares. Les Grecs traitaient de barbares tous ceux qui n'étaient pas grecs - y compris les Romains. Affolés d'hellénisme, les Romains de la décadence donnent le nom de barbares à toutes ces tribus germaniques descendues de la Scandinavie vers les rives du Danube et qui s'agitent aux frontières. Les choses ne sont pas simples. Il ne s'agit pas de deux empires qui s'opposent l'un à l'autre. Les Barbares sont des peuples épars, qui ne cessnt de bouger. Quand, du fond de l'Asie, sur leurs petits chevaux sauvages qui terrifieront encore, au temps des Hohenstaufen et vers la fin du Moyen Age, la Pologne, la Hongrie, la Bohême et même l'Allemagne, débouchent les Huns de Balamir, de Bleda et bientôt d'Attila, les Goths, épouvantés, refluent soudain vers l'Ouest. Ce sont des ébranlements de peuples, des télescopages successifs, des boules de billard qui se chassent les unes les autres. Les Goths se jetteront sur Rome pour fuir d'autres Barbares que les Huns venus d'Asie repoussent en masse devant eux. C'est parce que l'Altaî, le Pamir, la haute Asie les délogent du Danube où elles viennent de s'installer que des tribus scandinaves vont déferler sur Vérone, sur Ravenne, sur les plaines de Lombardie et sur la Ville éternelle en train d'entrer dans les ténèbres dont, après mille ans de gloire, elle mettra mille ans à sortir.
  Aux grands jours de l'Empire, au temps de Trajan et d'Hadrien, Cartaphilus s'est battu, du côté de Sarmizegethusa, sur les bords du Danube, contre les Daces du Décébale. A l'époque de la chute de Rome, il se retrouve à Byzance, devenue Constantinople, dans la peau d'une moitié ou d'un quart de savants qui enseignent le latin et le grec aux Barbares de passage. Il est sophiste et grammairien. Byzance qui, peu à peu, au sein même de l'Empire, l'a emporté sur Rome, est une ville immense, colorée, animée, tout occupée de commerces et de courses chars, un bazar prodigieux, un caravansérail où se côtoient toutes les races. Prisonniers, otages, ambassadeurs, mercenaires, voyageurs, étudiants, le nombre des Barbares y est considérable. Il y a des Suèves, des Vandales, des Hérules, il y a surtout des représentants des deux rameaux des Goths venus du Nord et éparpillés par la pression des Huns : les Wisigoths et les Ostrogoths, dont le nom, un peu comique, devait finir en plaisanterie, et parfois en injure, comme celui des Vandales, qui ne brillaient pas non plus par la délicatesse du goût et le respect des monuments. Les uns et les autres viennent à Constantinople pour y trouver le savoir, la puissance, l'argent, les carrières, l'agrément de la vie. Ils y viennent parce que l'empereur byzantin les retient en garants de la paix et de la tranquillité de leurs tribus. Ils y viennent parce que leurs pères, leurs oncles, leurs fils ou eux-mêmes sont plus capables que les Grecs, les Romains, les Byzantins, qui ne pensent qu'à s'amuser, dans l'art de l'administration ou dans l'art de la guerre. Ils y viennent aussi parce qu'ils sont chrétiens.

 

 

 

ANNEXE



Histoire du juif errant, by Jean d'ORMESSON
Editeur :   Gallimard nrf (1990)
A.S.I.N :   2286003807

 

 

 

 

CITATION


  Tenter de donner conscience aux
hommes de la grandeur qu'ils ignorent
en eux.

ANDRÉ MALRAUX

  Est-il rien de plus vrai que la vérité?
Oui : la légende. C'est elle qui donne un
sens immortel à l'éphémère vérité.

NIKOS KAZANTZAKIS

  Juif errant de moi-même...

ARAGON

 

 

 

EDITION ORIGINALE


Il a été tiré de l'édition originale de cet ouvrage quarante exemplaires sur vergé blanc de Hollande Van Gelder numérotés de 1 à 40 et soixante exemplaires sur vélin pur chiffon de Lana numérotés de 41 à 100

 

 

 

LIENS



Wikipédia
Jean d'ORMESSON

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