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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 18:56

Jean BAROIS, by Roger Martin
 du GARD



Présentation de l'Editeur





Néant


A M. MARCEL HÉBERT.



  Votre sensibilité religieuse ne peut qu'être blessée par certaines tendances de ce livre. Je le sais; et je vous remercie d'autant plus d'en avoir accepté la dédicace.
  Votre nom, au seuil de ces pages, n'est pas seulement le témoignage du respectueux et vivace attachement que je porte depuis vingt ans. Je suis assuré qu'il me vaudra, de tous ceux qui connaissent la noblesse de votre pensée et le riche apport critique de votre œuvre, une attention plus grave et comme un reflet de cette estime qui entoure l'éloquent renoncement de votre vie.

Roger Martin du GARD     ( Octobre 1913.)



FICHE   TECHNIQUE DU LIVRE




Titre :   Jean BAROIS
Auteur :   Roger Martin du   GARD
Edition :   GALLIMARD     nrf

Cent Quatrième et Unième édition

Dépôt légal : Janvier 1921.    
N° d'éd. 4288. - N° d'Imp. 4679.

Imprimé en France


ACHEVÉ D'IMPRIMER
LE 30 JUIN 1948 PAR
EMMANUEL GREVIN et FILS
A LAGNY-SUR-MARNE


Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation
résevés pour tous les pays, y compris la Russie.

Copyright by Librairie Gallimard, 1921.

Reliure :   Broché sur carton souple
Nombre de pages : 517         TABLE DES MATIÈRES : OUI

Poids :   365 grammes             Format :   120 x 185 x 28 mm
I.S.B.N : &nbsp NON &nbsp &nbsp &nbsp Code Barre = EAN : &nbsp NON


ANNEXE



Jean BAROIS, by Roger Martin du GARD
Editeur :   Gallimard   nrf, (1940)
A.S.I.N :   B0017XCTY4




EXTRAIT   Jean BAROIS, by Roger Martin du GARD   page 109




  Notre-Dame des Victoires, 8 heures du soir.
  Un sépulcre. Les herses flamboyantes aveuglent, mais n'éclairent pas.
  Là, le soir, de tous les coins de Paris, les détresses qu'aucun courage ne porte plus, et les espoirs tenaces que tout a déjoués, viennent s'ensevelir côte à côte, dans l'ombre qu'épaissit la fumée des cires.
  Cécile, prosternée; Jean, debout; l'un et l'autre courbés sous le poids de l'irrémédiable.
  Le même soir.
  Jean, revenu à sa table de travail, s'y attarde, pour être seul.
  La porte s'ouvre. Cécile entre sans bruit, les pieds nus.
  CĖCILE. - « Tu ne viens pas te coucher? » (Naïvement.) « Tu me boudes? »
  Elle rit gentiment, d'un air puni.
  Désarmé par tant d'inconscience, Jean ne peut s'empêcher de sourire.
  Elle est en peignoir. Aucune trace de larmes. Sa coiffure de nuit la rajeunit : cheveux lâches, pincés à la nuque par un gros papillon noir. Elle a quinze ans, ce soir : elle est la frêle fiancée de Buis.
  Comme une enfant, elle saute, et se perche sur les genoux de Jean.
  CĖCILE. - « Je ne veux pas m'endormir toute seule, après une journée pareille. Je veux que tu me dises que tout est oublié... que tout est fini... »
  Jean est las de paroles. Sans répondre, il embrasse doucement ce front câlin, qu'elle tend. Plus que jamais, ce soir, il se sent un vieil homme.
  CĖCILE. - « Là-bas, il fait trop froid. Je vais t'attendre. Continue, mon chéri, il ne faut pas que je t'empêche de travailler. Je vais rester sur ton genou, je ne bougerai pas. »   Elle se blottit, elle s'abandonne. Le bras de Jean, qui l'encercle, sent fondre le pli de sa taille, mouvante et tiède.
  Ses mules de paille ont glissé; il prend, dans le creux de sa main, les petits pieds frileux.
  CĖCILE. - « Tu vois, je suis gelée... »
  Elle rit : un rire saccadé, provocant. Puis elle se laisse emporter la tête en arrière, riant toujours.

  Maintenant, leurs yeux se croisent. Un choc bref : sous les paupières baissées de Cécile, Jean a heurté une petite lueur de joie triomphante.
  Il pense brusquement :
  - « Ah!... le neuvième soir... Il fallait aussi que... »
  Pas même un sentiment de rancune; il la garde allongée contre lui.
  Il vient de toucher du regard toutes les possibilités de la bêtisse humaine, et il se sent si loin de Cécile, si loin!...

  - « Les femmes sont autres... ! »

Quelques feuillets d'une écriture cursive et nerveuse, au fond d'un tiroir du bureau de Jean :


  Les femmes : êtres inférieurs, irrémédiablement.
  Leur sensibiblerie est en elles, comme un ver dans un fruit. Qui attaque tout : qui rend impuissant leur intelligence, en infirme leur cœur.

  Les femmes aiment le mystère, par instinct. Contre, rien ne peut. Encore l'aiment-elles bassement.
  Si, la nuit, elles ont peur des voleurs, une veilleuse leur rend la sécurité. Le geste de l'autruche : leur geste naturel. Il leur faut une foi pour être assurées, pour n"avoir pas à chercher au delà. - (N'imaginant même pas qu'on puisse avoir soif de « vérification »...)

  On ne doit se marier que lorsqu'on est bien fermement dirigé dans sa voix, et certain de n'en pas changer. Modifier sa direction après le mariage, c'est bouleverser deux vies pour une; c'est creuser entre deux êtres, que tout oblige à rester liés, un gouffre où tout le bonheur s'abîme, - sans le combler.





Edition Originale


Il a été réimposé et tiré à part de la premier édition, 30 exemplaires sur vergé d'Arches, numérotés de 4 à 30.

Il a été tiré en outre en Juillet 1946 mille exemplaires reliés d'après la maquette de Paul Bonet, dont neuf cent soixante exemplaires numérotés de 4 à 960 et quarante exemplaires hors commerce numérotés de 964 à 4000.




LIENS



Wikipédia
Roger Martin du GARD

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