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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 11:42

 

 

L'exil et le royaume, by Albert CAMUS



Présentation de l'Editeur





Néant




A FRANCINE



FICHE   TECHNIQUE   DU   LIVRE


 

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Titre :   L'exil et le royaume
Auteur :   Albert   CAMUS
Edition :   GALLIMARD     nrf
5, rue Sébastien-Bottin, Paris VIIè

nouvelle

56è édition

Dépôt légal : 1er trim. 1957.    
N° d'éd. 5.748.

Imprimé en France

ACHEVÉ D'IMPRIMER
PAR L'IMPRIMERIE FLOCH
MAYENNE
LE 10 AVRIL 1957


Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation
résevés pour tous les pays, y compris la Russie.

© 1957, by Librairie Gallimard.

Reliure :   Relié sur carton souple
Nombre de pages : 231         TABLE DES MATIÈRES : OUI

Poids :   250 grammes             Format :   120 x 185 mm
I.S.B.N :   NON                       Code Barre = EAN :   NON


COUVERTURES


 

L'exil et le royaume, by Albert CAMUS       L'exil et le royaume, by Albert CAMUS




ANNEXE



L'exil et le royaume, by Albert CAMUS
Editeur :   Gallimard   nrf, (1957)
A.S.I.N :   B0014XX9SM
www.amazon.fr


EXTRAIT   L'exil et le royaume, by Albert CAMUS   page 46


 



  Il y a si longtemps que je patiente. Quand j'étais chez moi, dans ce haut plateau du Massif Central, mon père grossier, ma mère brute, le vin, la soupe au lard tous les jours, le vin surtout, aigre et froid, et le long hiver, la burle glacée, les congères, les fougères dégoûtantes, où je voulais partir, les quitter d'un seul coup et commencer enfin à vivre, dans le soleil, avec de l'eau claire. J'ai cru au curé, il me parlait du séminaire, il s'occupait tous les jours de moi, il avait le temps dans ce pays protestant où il rasait les murs quand il traversait le village.Il me parlait d'un avenir et du soleil, le catholicisme c'est le soleil, disait-il, et il me faisait lire, il a fait rentrer le latin dans ma tête dure : « Intelligent ce petit, mais un mulet », si dur d'ailleurs mon crâne que de ma vie entière, malgré toutes les chutes, il n'a jamais saigné : « Tête de vache », disait mon père ce porc. Au séminaire, ils étaient tout fiers, une recrue du pays protestant c'était une victoire, ils m'ont vu arriver comme le soleil d'Austerlitz. Pâlichon le soleil, il est vrai, à cause de l'alcool, ils ont bu le vin aigre et leurs enfants ont des dents cariés, râ râ tuer son père, voilà ce qu'il faudrait, mais pas de danger, au fait, qu'il se lance dans la mission puisqu'il est mort depuis longtemps, le vin acide a fini par lui trouer l'estomac, alors il ne reste qu'à tuer le missionnaire.
  J'ai un compte à règler avec lui et avec ses maîtres,avec mes maîtres qui m'ont trompé, avec la sale Europe, tout le monde m'a trompé. La mission, ils n'avaient que ce mot à la bouche, aller aux sauvages et leur dire : « Voici mon Seigneur, regardez-le, il ne frappe jamais ni ne tue, il commande d'une voix douce, il tend l'autre joue, c'est le plus grand des seigneurs, choisissez-le, voyez comme il m'a rendu meilleur, offensez-moi et vous en aurez la preuve. » Oui, j'ai cru râ râ et je me sentais meilleur, j'avais grossi, j'étais presque beau, je voulais des offenses. Quand nous marchions en rangs serrés et noirs, l'été, sous le soleil de Grenoble, et que nous croisions des filles en robes légères, je ne détournais pas, moi, les yeux, je les méprisais, j'attendais qu'elles m'offensent et elles riaient parfois. Je pensais alors : « Qu'elles me frappent et me crachent au visage », mais leur rire, vraiment, c'était tout comme, hérissé de dents et de pointes qui me déchiraient, l'offense et la souffrance étaiennt douces! Mon directeur ne comprenait pas quand je m'accablais : « Mais non, il y a du non en vous! » Du bon! il y avait en moi du vin aigre, voilà tout, et c'était tant mieux, comment devenir meilleur si l'on n'est pas mauvais, je l'avais bien compris dans tout ce qu'ils m'enseignaient. Je n'avais même compris que cela, une seule idée et mulet intelligent j'allais jusqu'au bout, j'allais au-devant des pénitences, je rognais sur l'ordinaire, enfin je voulais être un exemple, moi aussi, pour qu'on me voie, et qu'en me voyant on rende hommage à ce qui m'avait fait meilleur, à travers moi saluez mon Seigneur.




Edition Originale


 

Il a été tiré de l'édition originale de cet ouvrage quarante-cinq exemplaires sur vélin de Hollande Van Gelder, dont quarante numérotés de I à 40 et cinq, hors commerce, marqués de A à E; deux cent dix exemplaires sur vélin pur fil Lafuma-Navarre, dont deux cents numérotés de 41 à 240 et dix, hors commerce, marqués de F à O; et neuf cent cinquante exemplaires sur alfama Cellunaf reliés d'après la maquette de Mario Prassinos, dont neuf cents numérotés de 241 à 1.140 et cinquante, hors commerce, numérotés de 1.141 à 1.190.




LIENS



Wikipédia
Albert CAMUS

Bibliographie
Albert CAMUS

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