Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 08:31

L'homme qui rit : tome I, by Victor HUGO


Présentation


  De l'Angleterre tout est grand, même ce qui n'est pas bon, même l'oligarchie. Le patriciat anglais, c'est le patriciat, dans le sens absolu du mot. Pas de féodalité plus illustre, plus terrible et plus vivace. Disons-le, cette féodalité a été utile à ses heures. C'est en Angleterre que ce phénomène, la Seigneurerie, veut être étudié, de même que c'est en France qu'il faut étudier ce phénomène, la Royauté.
  Le vrai titre de ce livre serait l'Aristocratie. Un autre livre, qui suivra, pourra être intitulé Monarchie. Et ces deux livres, s'il est donné à l'auteur d'achever ce travail, en précéderont et en amèneront un autre qui sera intitulé : Quatrevingttreize.

  Hauteville-House, avril 1869.




FICHE TECHNIQUE DU LIVRE



Titre :   L'homme qui rit : Tome I
Auteur :   Victor   HUGO  
Edition :   Paris
Nelson, Éditeurs
25, rue Denfert-Rochereau
Londres, Édimbourg et New-York


IMPRIMERIE NELSON, ÉDIMBOURG, ÉCOSSE
PRINTED IN GREAT BRITAIN


Reliure : Relié sur cartonnage pleine toile
Présentation sous jaquette illustrée couleurs in recto, à double volets
Nombre de pages : 425       TABLE DES MATIÈRES : OUI

Poids :   255 grammes     Format :   110 x 160 x 20 mm
I. S. B. N :   NON   Code Barre = EAN :   NON


EXTRAIT   L'homme qui rit : tome I, by Victor HUGO   page 99



LA POINTE NORD DE PORTLAND

  L'enfant s'orientait du mieux qu'il pouvait. Toute la destinée est un carrefour, le choix des directions est redoudable, ce petit être avait de bonne heure l'option entre les chances obscures. Il avançait cependant; mais, quoique ses jarrets semblassent d'acier, il commençait à se fatiguer. Pas de sentiers dans cette plaine; s'il y en avait, la neige les avait effacés. D'instinct, il continuait à dévier vers l'est. Des pierres tranchantes lui avaient écorché les talons. S'il eût fait jour, on eût pu voir, dans les traces qu'il laissait sur la neige, des taches roses qui étaient son sang.
  Il ne reconnaissait rien. Il traversait le plateau de Portland du sud au nord, et il est probable que la bande avec laquelle il était venu, évitant les rencontres, l'avait traversé de l'ouest à l'est. Elle était vraisemblablement partie, dans quelque barque de pêcheur ou de contrebandier, d'un point quelconque de la côte d'Uggescombe, tel que Sainte-Catherine Cape, ou Swancry, pour aller à Portland retrouver l'ourque qui l'attendait, et elle avait dû débarquer dans une des anses de Weston pour aller se rembarquer dans une des criques d'Easton. Cette irection-là était coupée en croix par celle que suivait maintenant l'enfant. Il était impossible qu'il reconnût son chemin.
  Le plateau de Portland a çà et là de hautes ampoules ruinées brusquement par la côte et coupées à pic sur la mer. L'enfant errant arriva sur un de ces points culminants, et s'y arrêta, espérant trouver plus d'indications dans plus d'espace, cherchant à voir. Il avait dvant lui, pour tout horizon, une vaste opacité livide. Il l'examina avec attention, et, sous la fixité de son regard, elle devint moins indistincte. Au fond d'un lointain pli de terrain, vers l'est, au bas de cette lividité opaque, sorte d'escarpement mouvant et blême qui ressemblait à une falaise de la nuit, rampaient et flottaient de vagues lambeaux noirs, espèces d'arrachements diffus. Cette opacité blafarde, c'était du brouillard, ces lambeaux noirs, c'étaient des fumées. Où il y a des fumées, il y a des hommes. L'enfant se dirigea de ce côté.
  — Il entrevoyait à quelque distance une descente, et au pied de la descente, parmi des configurations informes de rochers que la brume estompait, une apparence de banc de sable ou de langue de terre reliant probablement aux plaines de l'horizon le plateau qu'il venait de traverser. Il fallait évidemment passer par là.
  Il était arrivé en effet à l'isthmede Portland, alluvion diluvienne qu'on appelle Chess-Hill.
  Il s'engagea sur ce versant du plateau.
  La pente était difficile et rude. C'était, avec moins d'âpreté pourtant, le revers de l'ascension qu'il avait faite pour sortir de la crique. Toute montée se solde pa une descente. Après avoir grimpé, il dégringolait.
  Il sautait d'un rocher à l'autre, au risque d'une entorse, au risque d'un écroulement dans la profondeur indistincte. Pour se retenir dans les glissements de la roche et de la glace, il prenait à poignées les longues lanières des landes et des ajoncs pleins d'épines, et toutes ces pointes lui entraient dans les doigts. Par instants, il trouvait un peu de rampe douce, et descendait en reprenant haleine, puis l'escarpement se refaisait, et pour chaque pas il fallait un expédient. Dans les descentes de précipice, chaque mouvement est la solution d'un problème. Il faut être adroit sous peine de mort. Ces problèmes, l'enfant les résolvait avec un instinct dont un singe eût pris note et une science qu'un saltimbanque eût admirée. La descente était abrupte et longue. Il en venait à bout néanmoins.
  Peu à peu, il approchait de l'instant où il prendrait terre sur l'isthme entrevu.
  Par intervalles, tout en bondissant ou en dévalant de rocher en rocher, il prêtait l'oreille, avec un dressement de daim attentif. Il écoutait au loin, à sa gauche, un bruit vaste et faible, pareil, à un profond chant de clairon. Il y avait dans l'air en effet un remuement de souffles précédant cet effrayant vent boréal, qu'on entend venir du pôle comme une arrivée de trompettes. En même temps, l'enfant sentait par moments sur son front, sur ses yeux, sur ses joues, quelque chose qui ressemblait à des paumes de mains froides se posant sur son visage. C'étaient de larges flocons glacés, ensemencés d'abord mollement dans l'espace, puis tourbillonnant, et annonçant l'orage de neige. L'enfant en était couvert. L'orage de neige qui, depuis plus d'une heure déjà, était sur la mer, commençait à gagner la terre. Il envahissait lentement les plaines. Il entrait obliquement par le nord-ouest dans le plateau de Portland.


Reproduction interdite





COMMENTAIRES   en ligne



L'homme qui rit : tome I, by Victor HUGO
amazon.fr


ANNEXE



L'homme qui rit : tome I, by Victor HUGO
Editeur :   Nelson Éditeurs
Collection :   Nelson
A.S.I.N :   B003MAULJA




LIENS



Wikipédia
Victor HUGO

Retour accueil

Haut de page

Partager cet article

Repost0

commentaires

D
Je voudrais acheter L'homme qui rit éditions Nelson, de préférence les deux tomes, sinon le tome 1. Comment effectuer l'achat? F Ducam
Répondre

Présentation

  • : CONSUS - FRANCE
  • CONSUS - FRANCE
  • : TROYAT BLYTON DUMAS QUINE, extraits, illustrations
  • Contact

Profil

  • CONSUS - FRANCE

Recherche

Hébergé par Overblog