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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 11:03

 La condition humaine, by André MALRAUX




Présentation de l'Editeur




Néant




à EDDY DU PERRON


FICHE   TECHNIQUE   DU   LIVRE


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Titre :   La condition humaine
Auteur :   André   MALRAUX
Edition :   GALLIMARD  

Édition revue et corrigée

1e dép. lég. : 3 °tr. 1950

Imprimé en France
BRODARD & TAUPIN
Paris-Coulommiers
3811 - 10 - 1950

Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation
réservés pour tous pays.
Copyright by Librairie Gallimard, 1946.


Reliure :   Reliure élégante et solide en simili-cuir pourpre avec titre doré au dos.
Nombre de pages : 287   TABLE DES MATIÈRES : NON

Livre épuisé chez l'Editeur


Poids :   200 grammes     Format :   115 x 170 mm
I.S.B.N :   NON              Code Barre = EAN :   NON


EXTRAIT   La condition humaine, by André MALRAUX   page : 10


La condition humaine, by André MALRAUX -image-70-150

 




  Secouée par son angoisse, la nuit bouillonnait comme une énorme fumée noire pleine d'étincelles; au rythme de sa respiration de moins en moins haletante elle s'immobilisa et, dans la déchirure des nuages, des étoiles s'établirent dans leur mouvement éternel qui l'evahit avec l'air plus frais du dehors. Une sirène s'éleva, puis se perdit dans cette poignante sérénité. Au-dessous, tout en bas, les lumères de minuit reflétées à travers une brume jaune par le macadam mouillé, par les raies pâles des rails, palpitaient de la vie des hommes qui ne tuent pas. C'étaient là des millions de vies, et toutes maintenant rejetaient la sienne; mais qu'était leur condamnation misérable à côté de la mort qui se retirait de lui, qui semblait couler hors de son corps à longs traits, comme le sang de l'autre? Toute cette ombre immobile ou scintillante était la vie, comme le fleuve, comme la mer invisible au loin - la mer... Respirant enfin jusqu'au plus profond de sa poitrine, il lui sembla rejoindre cette vie avec une reconnaissance sans fond, - prêt à pleurer, aussi bouleversé que tout à l'heure. " Il faut filer..." Il demeurait, contemplait le mouvement des autos, des passants qui couraient sous ses pieds dans la rue illuminée, comme un aveugle guéri regarde, comme un affamé mange. Insatiable de vie, il eût voulu toucher ces corps. Au-delà du fleuve une sirène emplit tout l'horizon : la relève des ouvriers de nuit, à l'arsenal. Que les ouvriers imbéciles vinssent fabriquer les armes destinées à tuer ceux qui combattaient pour eux! Cette ville illuminée resterait-elle possédée comme un champ par son dictateur militaire, louée à mort, comme un troupeau, aux chefs de guerre et aux commerces d'Occident? Son geste meurtrier valait un long travail des arsenaux de Chine : l'insurrection imminente qui voulait donner Shanghaï aux troupes révolutionnaires ne possédait pas deux cents fusils. Qu'elle possédât les pistolets à crosse (presque trois cents) dont cet intermédiaire, le mort, venait de négocier la vente avec le gouvernement, et les insurgés, dont le premier acte devait être de désarmer la police pour armer leurs troupes, doublaient leurs chances. Mais, depuis dix minutes, Tchen n'y avait pas pensé une seule fois.


Reproduction interdite





ANNEXE



La condition humaine, by André MALRAUX
Editeur :   Ed, Calmann-Lévy (1955)
A.S.I.N :   B0000DPAG7
www.amazon.fr


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Biographie
André MALRAUX

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