D.
ÉDITIONS DE l'AMITIÉ - G. T. RAGEOT - PARIS
Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays.
cartonné illustrée couleurs recto.
Le jeune Chinois saisit la main de son camarade.
- Viens, dit-il. J'aperçois la jonque de mon père.
Ils coururent à travers bois jusqu'au bord de la mer. L'eau commençait à devenir froide.
- Suis-moi! cria Ming, qui avait pris de l'avance. C'est là-bas, la dernière barque, où il y a deux lampes.
- Quand Marc rejoignit Ming, il fut étonné de voir que la jonque demeurait à une cinquantaine de mètres du bord. « Sans doute n'y a-t-il pas assez d'eau », pensa-t-il.
- Ils ont jeté l'ancre, dit Ming. Ils vont approcher en radeau.
En effet, une légère embarcation se dirigeait vers la plage. Trois hommes y avaient pris place. L'un d'eux ramait, debout à l'arrière, le second était assis au milieu, et le troisième, à
l'avant, tenait entre ses jambes un panier d'osier.
- C'est mon père qui rame, dit le jeune Chinois.
- Et les autres, ce sont des amis?
- Mon cousin Tao et mon oncle Mao. Ils partent toujours ensemble.
Le radeau touchait terre. Les hommes sautèrent sur le sable.Le père de Ming était très grand. Sa peau brune avait des reflets dorés. Il paraissait très fort. Il empoigna le panier avec
l'aide des deux autres et le déposa sur le sable. Son corps était mouillé.
- Regarde, dit Marc. Ton père a dû se baigner.
- C'est la sueur, répondit Ming. Le filet est lourd, même vide.
- Ton père n'aime peut-être pas qu'on vienne voir ses poissons?
Ming éclata de rire.
- Mon père est très gentil, dit-il. Tu vas voir!... Père, voilà le jeune monsieur qui est mon nouvel ami! Je lui ai appris à attraper les crabes.
L'homme se retourna et fit un signe de la main.
- Bonsoir! cria-t-il. Et il jeta sur le sable une bête aux pattes velues.
- Beuh! s'écria Ming en trépignant. Une araignée de mer! C'est bn à manger, tu sais. Prends-la, tu peux l'emporter.
Marc était paralysé. Jamais il n'oserait saisir cette araignée dans ses mains. Elle était tellement répugnante! Il se mit à genoux, tout près, pour faire croire qu'il n'avait pas peur. Les
trois hommes tiraient le filet hors du radeau; ils souriaient en le regardant.
Ming s'accroupit à son tour et chuchota :
- Tu peux la toucher. Ce n'est pas méchant, une araignée de mer. Seulement, fais attention... Ça pique un peu, sur le dos.
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La jonque mystérieuse by, D. TOURY
M.-A. Baudouy
H.-E. Dettmann
C. Appell
L.-N. Lavolle
W. Lindquist