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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 10:21






Donc, à l'heure où les feux du ciel sont calmants,
Quand toute la nature écoute et se recueille,
Vers midi, quand les nids se taisent, quand la feuille
La plus tremblante oublie un instant de frémir,
Jeanne a cette habitude aimable de dormir.
Et la mère, un moment, respire et se repose;
Car on se lasse, même à servir une rose.

Ses beaux petits pieds nus dont le pas est peu sûr
Dorment; et son berceau, qu'entoure un vague azur
Ainsi qu'une auréole entoure une immortelle,
Semble un nuage fait avec de la dentelle;
On croit, en la voyant dans ce frais berceau-là,
Voir une lueur rose au fond d'un falbala;
Soudain, dans l'humble et chaste alcôve maternelle,
Versant tout le matin qu'elle a dans sa prunelle,
Elle ouvre la paupière, étend un bras charmant,
Agite un pied, puis l'autre, et si divinement
Que des fronts dans l'azur se penchent pour l'entendre.
Elle gazouille. - Alors de sa voix la plus tendre,
Couvant des yeux l'enfant que Dieu fait rayonner,
Cherchant le plus doux nom qu'elle puisse donner
A sa joie, à son ange en fleur, à sa chimère :
« Te voilà réveillée, horreur! » lui dit sa mère.


        Victor HUGO.

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