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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 16:35

Le docteur Jivago, by Boris PASTERNAK




Présentation de l'Editeur


 

    Le docteur Iouri Andréiévitch Jivago, fils d'un riche industriel, orphelin de bonne heure, élevé dans une famille de professeurs appartenant à l'élite intellectuelle du Moscou du début de ce siècle, atteint l'âge d'homme au moment de la guerre de 1914. Son destin sera commandé désormais par le cours tumultueux de la révolution russe : février 1917 le surprendra sur le front, où il est médecin militaire, octobre le trouvera à Moscou : avec sa femme Tonia et son jeune fils, il ira chercher dans l'Oural un refuge devant les dévastations de la guerre civile. Mobilisé de force par les partisans qui luttent en Sibérie sur les arrières de l'armée blanche, il ne retrouvera plus à son retour sa famille émigrée à l'étranger. Mais c'est ici, dans l'Oural, que son destin se croisera une dernière fois avec celui de Lara, la « petite fille d'un autre milieu », tôt humiliée par la vie, dont le souvenir porte les deux grandes dates de 1905 et de 1917. Lara lui sera enlevée malgré elle par l'homme qui a été le mauvais génie de leur enfance. Son amour aura été le point culminant de la vie du docteur, brisée désormais, et qui se poursuivra encore quelques années dans le Moscou de la N E P.

    Le docteur Jivago est le contemporain de Pasternak. Comme lui, c'est un poète. Ses vers, recueillis après sa mort, relus par ses amis d'enfance au lendemain de la dernière guerre, forment l'épilogue du roman et prolongent dans le présent sa vie interrompue en 1929. Il a « révé toute sa vie d'une grande œuvre où prendraient place les images et les pensées qui l'ont marqué le plus profondément », et ses vers n'étaient à ses yeux que « l'ébauche de ce grand tableau ». Tel est sans doute le sens de ce roman d'un poète qui n'avait jusqu'ici confié à la prose que des fragments. Dans le Docteur Jivago, achevé en 1954, on retrouve les qualités du poète que, dès les années 20, on s'accordait à ranger parmi les plus grands, à côté de Maïakovski et d'Essénine, ses contemporains : l'acuité d'une vision qui rend au spectable quotidien de la nature la nouveauté du premier jour, la densité d'une phrase moulée sur la sensation immédiate, l'originalité d'une pensée que n'asservit aucun conformisme.Mais dans cette première œuvre de longue haleine le poète se révèle au surplus un romancier de la lignée de Tolstoï qui sait, à travers l'existence individuelle de ses personnages, faire revivre l'histoire et la juger.

 

FICHE   TECHNIQUE   DU   LIVRE


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Titre :   Le Docteur Jivago
Auteur :   Boris   PASTERNAK
Edition :   GALLIMARD
5, rue Sébastien - Bottin - Paris VIIè

du monde entier

traduit du russe

roman

L'édition originale de cet ouvrage est l'édition italienne de Giangiacomo Feltrinelli, via Andegari 6, Milan.

Dépôt légal n° 7204,   2° trimestre 1958.
N° d'édition : 6669 - N° d'impression : 4457

Imprimé en France.

ACHEVÉ D'IMPRIMER SUR LES PRESSES
DE L'IMPRIMERIE MODERNE, 177, AVENUE
PIERRE-BROSSOLETTE, A MONTROUGE
(SEINE), LE VINGT-DEUX DÉCEMBRE MIL
NEUF CENT CINQUANTE-HUIT


Poids :   740 grammes     Nombre de pages : 650

Livre épuisé chez l'Editeur



© 1958, Librairie Gallimard.
Tous droits de traductions, de reproduction et d'adaptation
réservés pour tous pays, y compris la Russie.

Reliure :   Reliée sur carton souple.
TABLE DES MATIÈRES :  OUI

Format :   140 x 205 mm
I.S.B.N :   NON               Code Barre = EAN :   NON


EDITION ORIGINALE


 

Il a été tiré de cet ouvrage quatre-vingt-cinq exemplaires sur vélin pur fil Lafuma-Navarre, savoir soixante-quinze exemplaires numéotés de 1 à 75, et dix, hors commerce, marqués de A à J.




EXTRAIT   Le Docteur Jivago, by Boris PASTERNAK   page: 247


 

 
LA HALTE DE MOSCOU


Il faisait tout à fait sombre. Partout, c'était la nuit. Seul l'anneau de lumière blanche que projetait à cinq pas devant eux la lampe de poche de Diomina sautait de tas de neige en tas de neige, égarant plus qu"elle n'éclairait ceux qui la suivaient. Partout c'était la nuit. Là, derrière, était cette maison où tant de gens la connaissaient, où elle allait souvent, petite fille, où avait grandi le garçon qui devait plus tard l'épouser, Antipov.
  Diomina parlait au docteur sur un ton protecteur et amusé.
  - Vous irez encore loin sans lampe? Sans ça je vous aurais prêté la mienne, camarade docteur. Oui. Autrefois j'étais vraiment toquée de cette fille. Je l'aimais à la folie, quand nous étions gamines. Elles avaient un atelier, une maison de couture, quoi. Je vivais chez elles, j'étais apprentie. Je l'ai revue cette année. Elle est passé par Moscou. Je lui ai dit : « Où vas-tu, grande folle? Tu devrais rester. On vivrait ensemble, je te trouverais un travail. Qu'est-ce que tu vas faire là-bas? » Rien à faire. Elle a épousé son Pachka qu'elle aimait avec la tête, pas avec le cœur, et depuis elle est un peu folle. Elle est partie, finalement.
  - Qu'est-ce que vous pensez d'elle?
  - Attention, ça glisse par ici. Combien de fois je leur ai dit de ne pas vider les eaux sales devant la porte. Autant souffler dans un violon. Ce que j'en pense? Comment ça? Qu'en penser... Je n'ai pas le temps de penser beaucoup. C'est par ici que j'habite, vous voyez? Je ne lui ai pas dit que son frère qui était militaire a été fusillé, à ce qu'on dit. Sa mère, mon ancienne patronne, je tâcherai sans doute de la tirer d'affaire, je m'occupe d'elle. Bon, j'entre par ici. Au revoir.
  Ils se séparèrent. La lumière de la lampe de Diomina trébucha le long d'un étroit escalier de pierre, puis se mit à courir, éclairant des murs crasseux, et le docteur resta dans l'obscurité. A sa droite, il avait la rue Sadovaïa Trioumphalnaïa, à sa gauche la Sadovaïa Karetnaïa. Au loin, dans le noir, dans la neige noire, ce n'étaient plus des rues ordinaires, mais des saignées pratiquées dans la taïga des maisons de pierre, comme au cœur des forêts impénétrables de la Sibérie ou de l'Oural.
  Chez lui, Jivago retrouva la lumière, la chaleur.
  - Pourquoi rentres-tu si tard? demanda Antonia Alexandrovna.
  Elle continua, sans lui donner le temps de répondre :
  - Pendant ton absence il s'est produit une chose curieuse. Une chose bizarre, inexplicable. J'avais oublié de te dire. Hier, papa a cassé ton réveil. Il était désespéré, il n'y avait plus d'heure à la maison. Il a essayé de le réparer, il s'est mis à bricoler dans tous les sens, rien à faire. L'horloger du coin a demandé trois livres de pain pour faire ce travail. C'est un prix insensé. Comment faire? Papa faisait une tête... Tout d'un coup, figure-toi, il y a une heure, on entend une sonnerie perçante, assourdissante. C'était le réveil. Il s'était décidé à marcher!
  - C'est l'heure du typhus qui a sonné pour moi, plaisanta Iouri Andréiévitch, et il raconta l'histoire de la malade et de son carillon.




ANNEXE



Le Docteur Jivago, by Boris PASTERNAK
Editeur :  GALLIMARD   (du monde entier)   1958
A.S.I.N :   B0000DLNSX
www.amazon.fr

DU MÊME AUTEUR




  • Gallimard nrf

  • ESSAI D'AUTOBIOGRAPHIE


  • Edition illustrée
  • LE DOCTEUR JIVAGO, avec 202 p. d'illustrations par Alexeïeff




LIENS



Wikipédia
Boris PASTERNAK

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