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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 12:22

Le faussaire, by Guy DES CARS

 

 

Présentation de l'Editeur


Adolescent fou de peinture, Jacques Rivaud décide de conquérir Paris. C'est d'abord l'École des Beaux-Arts, la bohème, et puis, malgré un talent authentique, l'échec au Prix de Rome, les refus, la misère. Jacques, avide de gloire et d'argent, tombe bientôt dans le piège que lui tendent un étrange courtier en tableaux, Ladislas Zborowski et Anna Glint, une ensorcelante aventurière : il se lance dans la fabrication de faux. Poursuivi par la Brigade criminelle, il est arrêté et jugé. « Faussaire de génie », que deviendra-t-il à sa sortie de prison? C'est alors qu'il est appelé par celui-là même qui s'est acharné à le faire condamner : l'illustre et redoutable Dimitri Périclès, propriétaire de la plus riche galerie de Paris, qui veut faire de lui un peintre célèbre. Mais à quelles conditions?
Remarquable analyse d'un tempérament d'artiste, ce roman est aussi la description très actuelle du monde des galeries, des collectionneurs, des snobs, de la spéculation sur l'art et de la façon dont s'opère à coups de milliards le trafic mondial des faux tableaux.


  Une part importante de la documentation de l'auteur lui a été fournie par le livre de Guy Isnard :

    Les Pirates de la Peinture

 

 

 

FICHE TECHNIQUE DU LIVRE


 




Titre :   Le faussaire
Auteur :   GUY DES   CARS
Edition :   J' AI   LU     n°  548   * * * *

31, rue de Tournon, 75006-Paris

Roman   Texte Intégral

1503-5 - Dépôt légal :  1°r trimestre 1975.

IMPRIMÉ EN FRANCE PAR BRODARD ET TAUPIN
6, place d'Alleray - Paris
Usine de La Flèche, le 20 - 01 - 1975.

© Flammarion, 1967.

Reliure :   Brochée sur carton souple, illustrée in recto par Gérard AUBLÉ
Imp.Déchaux- 93 Aulnay-sous-Bois

Nombre de pages : 502       TABLE DES MATIÈRES : OUI

Poids :   237 grammes           Format :   115 x 165 x 25 mm
I. S. B. N :  NON                    Code Barre = EAN :   NON

Exclusivité de vente en librairie
FLAMMARION


Livre épuisé chez l'Editeur

 

 

 

COUVERTURES   année 1975


 

Le faussaire, by Guy DES CARS       Le faussaire, by Guy DES CARS

 

 

 

 

COMMENTAIRE en ligne



Le faussaire, by Guy des CARS
www.amazon.fr

 

 

 

ANNEXE



Le faussaire, by Guy DES CARS
Editeur :   J'ai Lu   ( 1 janvier 1975)
I.S.B.N-10 :   2277115487

 

 

 

EXTRAIT   Le faussaire by Guy des CARS   page 229


  - Jacques Rivaud, si vous bénéficiez des circonstances atténuantes, c'est que le tribunal veut bien, comme votre ancien maître des Beaux-Arts et selon le vœu exprimé par M. le commissaire-priseur Champeaux, faire confiance à votre jeunesse et à votre désir de rachat. Le tribunal espère qu'il n'aura pas à se repentir de sa clémence. La meilleure preuve de gratitude que vous pourrez avoir à son égard sera de vous remettre sans tarder au travail pour donner enfin ces chefs-d'œuvre personnels que vous êtes capable de faire et que tout le monde attend maintenant de vous... Jacques Rivaud, vous êtes libre.
  Ce qui se passa alors fut à la fois merveilleux et atroce... Merveilleux parce que l'assistance applaudit frénétiquement le jugement rendu : un verdict fait de mesure et d'équité... Atroce parce que au moment même où Jacques abandonnait le box des accusés pour venir serrer les mains de son défenseur, les deux autres inculpés repartaient, encadrés des gendarmes, vers ce qui serait la prolongation de leur peine. Et cela se passa au milieu de l'enthousiasme de la foule, sous la mitraillade des caméras et des insupportables éclairs de flashes qui permettaient aux reporters de prendre aussi bien des clichés de l'artiste libéré que ceux de Zborowski ou d'Anna Glint. La rage du premier était évidente : on sentait que, s'il l'avait pu, il aurait transformé sa haine pour Jacques en venin craché au visage. Anna, au contraire, retira pendant quelques secondes ses lunettes, au moment où elle passait, entraînée par ses gardiens, devant son amant. Et elle réussit à lui dire à l'oreille ;
  - Je suis heureuse pour toi. Oublie-moi...
  Ces quelques mots avaient été accompagnés d'un tel regard d'amour que Jacques en fut bouleversé. Éperdu, il voulut courir après sa maîtresse comme s'il cherchait à la délivrer ou à la garder encore auprès de lui, mais Me Ribart le retint en disant, également à voix basse :
  - Restez digne jusqu'au bout!... Votre épouse vient d'entrer dans la salle : vous lui devez encore plus de reconnaissance qu'à cette femme.
  Anna et Zborowski avaient disparu. Zizi était là, en effet, le visage irradié de joie malgré ses larmes, osant à peine s'approcher de celui dont elle était encore l'épouse légale. Les reporters aussi s'étaient groupés, face au couple qui se retrouvait, implorant :
  - Madame, monsieur Rivaud, ne bougez pas! Une seconde... Enlacez-vous, regardez-vous pour un petit cliché : le dernier...
  Jacques, toujours bouleversé par la vision du départ d'Anna, ne trouva pas la force de serrer sa femme contre lui : il la regarda cependant, mais sans l'embrasser. Et Zizi eut un tout petit sourire qui devait vouloir dire : « Je sais, mon amour, que tu fais ce que tu peux pour me faire plaisir... Aussi, je ne t'en demande pas trop aujourd'hui : pour le moment, ce regard gentil me suffit... Peut-être que, plus tard, quand tu auras complètement oublié ce cauchemar, tu commenceras enfin à m'aimer. »
  Bousculé par tous ceux « voulant voir de plus près » le beau garçon qui venait de retrouver brusquement la liberté, encadré cette fois, non pas par des hommes en uniforme, mais par son épouse et son défenseur, complètement abasourdi, ne parvenant pas encore à réaliser l'immense chance qui venait enfin de s'abattre sur lui, Jacques se retrouva dans un couloir du Palais de Justice dans lequel il se sentit presque porté par la foule. Il avançait, se laissant conduire avec le même automatisme dont il avait fait preuve quand on le ramenait au fourgon cellulaire. Enfin, il se retrouva dehors, au grand air... Il pleuvait entre des rafales de vent : les giboulées de mars... Mais ça n'avait aucune importance! Même cette pluie, ou cette bise glacée, qui fouettaient alternativement le visage, avaient quelque chose de grisant : c'était un climat de liberté. Le décor de ces premiers instants, où il pouvait enfin respirer, était un tableau grandiose, fait de l'escalier du Palais de Justice que des gens, pressés, montaient ou descendaient sans se préoccuper du trio. En face, sur le boulevard du Palais, à travers la grille d'entrée, se dressait la masse sombre d'une vaste caserne, la Préfecture de Police : un bâtiment que l'artiste détesterait toujours... Et cependant! La silhouette d'un homme corpulent venait de se planter devant le trio :
  - Monsieur Dehan! s'exclama Jacques.
  C'était bien l'officier de police, mais seul, sans son adjoint silencieux. Un Dehan jovial et épanoui qui lui serra les deux mains en disant :
  - Vous ne me croirez peut-être pas, mais je préfère de beaucoup vous rencontrer ici, aujourd'hui, par ce temps épouvantable, plutôt que sous un ciel bleu, à la terrasse d'un café de Saint-Tropez!
  - Que diriez-vous d'une bouteille de champagne, monsieur l'officier de police?
  - Excellente idée! Mais, celle-là, c'est moi qui la paie... Vous venez avec nous, mon cher maître?
  - Il faut d'abord que je passe au vestiaire pour y retirer ma robe! Je sais qu'à la rigueur elle pourrait me protéger vaguement des intempéries, mais elle ne résisterait pas longtemps! Et j'y tiens, à cette robe : c'est la plus vieille que je possède... Je ne l'endosse que pour des causes difficiles; généralement, elle me porte bonheur! A tout à l'heure. Je vous rejoins tous les trois au Café du Palais.


  Le champagne ne valait pas celui du wagon-lit. Il était à peine frappé : les cafés, même ceux qui accueillent les libérés de prison, ne sont guère équuipés pour servir un champagne convenable. Mais cela, non plus, n'avait aucune importance. Ce qui comptait, c'était de se trouver à nouveau autour d'une table, entre amis... entre vrais amis, et pas avec « des filles » ou avec « des copains ». Les larmes de joie de Zizi avaient fait place au sourire résigné. Avant que l'avocat ne revînt, Dehan dit à Jacques :
  - Reconnaissez que je ne me suis pas tellement trompé dans le choix de votre défendeur. C'est même à peu près la seule chose dont vous puissiez me remercier! Pour le reste, vous devriez plutôt m'en vouloir, puisque j'ai été obligé de faire mon métier...
  - Je finis par croire, monsieur Dehan, qu'il peut y avoir des gens très bien dans la police.
  Quand Me Ribart fut là, Jacques lui confia :
  - J'espère, maître, que vous ne m'en voulez pas, mais je vous préfère de beaucoup avec vos attributs vestimentaires. Si je devais faire votre portrait, je vous peindrais en toge.
  - Et pourquoi pas? Ce serait peut-être une manière comme une autre de me régler mes honoraires.
  - Vous accepteriez cette solution?
  - Ne la trouvez-vous pas élégante? Elle offre le double avantage de ne pas vous ruiner au moment où vous devez remonter la pente et de vous obliger à vous remettre tout de suite au travail... Quand commencez-vous?
  - Demain, si vous le voulez.
  - Dans la journée je n'ai pas le temps de poser, mais le soir ce serait possible. Venez dîner demain soir chez moi à 20 heures avec votre épouse : nous prendrons date pour les séances de pose... Combien estimez-vous qu'il en faudra?
  - Beaucoup moins que vous ne le croyez! Depuis le temps que je vous ai regardé, écouté, étudié - au cours de nos conversations à la Santé, au quai des Orfèvres, ou au Palais de Justice - je pense avoir fini par mieux vous deviner : ce qui est indispensable pour faire un portrait... Seulement, le réussirai-je? Ce sera la première fois que je me lancerai dans une telle aventure...
  - C'est bien pourquoi elle risque d'être passionnante!
  - Dans quel style aimeriez-vous vous voir peint?
  - Dans le style le plus éloigné possible du genre « pompier » d'un Charles Vergniaud, mais ça ne me gênerait quand même pas que ce fût ressemblant!
  - Ne m'en demandez pas trop pour un début!
  L'officier de police avait levé son verre en disant :
  - Il ne nous reste plus qu'à trinquer à la réussite de cette prochaine œuvre...
  - Non, rectifia l'avocat. Maintenant que le passé du « faussaire » est enterré, buvons plutôt à l'avenir d'un nouvel artiste dont le nom vient enfin d'être révélé aux foules.
  Puis s'adressant à Zizi qui buvait silencieusement :
  - N'est-ce pas votre avis, madame?
  - J'ai toujours cru, maître, au talent de mon mari...
  - Toi, dit celui-ci en souriant, je te l'ai déjà dit cent fois : tu es trop optimiste!
  - Demain soir chez moi, reprit l'avocat, je vous ferai voir ma collection de tableaux... J'aimerais assez avoir votre avis, puisque vous les réussissez aussi bien, sur deux Charal que je n'ai pas achetés chez Périclès : je finis par me demander s'ils sont authentiques, tellement ils sont beaux!
 

 

 

 

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Guy des CARS

 

 

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