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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 14:28

 

Le Lys dans la vallée, by Honoré de BALZAC

 



Présentation de l'Editeur




Néant


A MONSIEUR J.-B. NACQUART

  Cher docteur, voici l'une des pierres les plus travaillées dans la seconde assise d'un édifice littéraire lentement et laborieusement construit; j'y veux inscrire votre nom, autant pour remercier le savant qui me sauva jadis, que pour célébrer l'ami de tous les jours



DE   BALZAC.

FICHE   TECHNIQUE   DU   LIVRE


 



Titre :   Le lys dans la vallée
Auteur :   Hooré de   BALZAC
Edition :   LES BELLES EDITIONS
63, Rue Servan - PARIS



Reliure :   Brochée sur couverture papier fort, illustration couleurs in recto.
Nombre de pages : 254       TABLE DES MATIÈRES : NON

Poids :   215 grammes         Format :   115 x 185 mm
I.S.B.N :   NON                   Code Barre = EAN :   NON

Livre épuisé chez l'Editeur

 



EXTRAIT   Le lys dans la vallée, by Honoré de BALZAC   page 57


 


  Je sortis sans que le comte s'aperçut de ma disparition. De la terrasse, où je me rendis à pas lents, j'entendis les éclats de sa voix et ses gémissements qui partaient de sa chambre, contiguë à la salle à manger. A travers la tempête, j'entendis aussi la voix de l'ange qui, par intervalles, s'élevait comme un chant de rossignol au moment où la pluie va cesser. Je me promenais sous les acacias par la plus belle nuit du mois d'août finissant, en attendant que la comtesse m'y rejoignit. Elle allait venir, son geste me l'avait promis.

  Depuis quelques jours, une explication flottait entre nous, et semblait devoir éclater au premier mot qui ferait jaillir la source trop pleine en nos âmes. Quelle honte retardait l'heure de notre parfaite entente? Peut-être aimait-elle autant que je l'aimais ce tressaillement semblable aux émotions de la peur, qui meurtrit la sensibilité, pendant ces moments où l'on retient sa vie près de déborder, où l'on hésite à dévoiler son intérieur, en obéissant à la pudeur qui agite les jeunes filles avant qu'elles se montrent à l'époux aimé. Nous avions agrandi nous-mêmes par nos pensées accumulées cette première confidence, devenue nécessaire. Une heure se passa. J'étais assis sur la balustrade en briques, quand le retentissement de son pas mêlé au bruit onduleux de la robe flottante anima l'air calme du soir. C'est des sensations auxquels le cœur ne suffit pas.

.............................

  Sentant alors que ce moment était unique en notre vie, je lui dis, avec cet accent qui commande l'attention, que les femmes au bal m'avaient été toutes indifférentes comme celles que j'avais aperçues jusqu'alors; mais qu'en la voyant, moi de qui la vie était si studieuse, de qui l'âme était si peu hardie, j'avais été comme emporté par une frénésie qui ne pouvait être condamnée que par ceux qui ne l'avaient jamais éprouvée, que jamais cœur d'homme ne fut si bien empli du désir auquel ne résiste aucune créature et qui fait tout vaincre, même la mort...

  - Et le mépris? dit-elle en m'arrêtant.

  - Vous m'avez donc méprisé? lui demandai-je.

  - Ne parlons plus de ces choses, dit-elle.

  - Mais parlons-en! lui répondis-je avec une exaltation causée par une douleur surhumaine. Il s'agit de tout moi-même, de ma vie inconnue, d'un secret que vous devez connaitre; autrement, je mourrais de désespoir! Ne s'agit-il pas aussi de vous, qui, sans le savoir, avez été la Dame aux mains de laquelle reluit la couronne promise aux vainqueurs du tournoi?
  Je lui contai mon enfance et ma jeunesse, non comme je vous l'ai dite, en la jugeant à distance, mais avec les paroles ardentes du jeune homme de qui les blessures saignaient encore. Ma voix retentit comme la hache des bûcherons dans une forêt. Devant elle tombèrent à grand bruit les années mortes, les longues douleurs qui les avaient hérissées de branches sans feuillage. Je lui peignis avec des mots enfiévrés une foule de détails terribles dont je vous ai fait grâce. J'étalai le trésor de mes vœux brillants, l'or vierge de mes désirs, tout un cœur brûlant conservé sous les glaces de ces alpes entassées par un continuel hiver. Lorsque, courbé sous le poids de mes souffrances redites avec les charbons d'Isaïe, j'attendis un mot de cette femme qui m'écoutait la tête baissée, elle éclaira les ténèbres par un regard, elle anima les mondes terrestres et divins par un seul mot.

  - Nous avons eu la même enfance! dit-elle en me montrant un visage où reluisait l'auréole des martyrs.
  Après une pause où nos ames se marièrent dans cette même pensée consolante : « Je n'étais donc pas seul à souffrir! » la comtesse me dit, de sa voix réservée pour parler à ses chers petits, comment elle avait eu le tort d'être une fille quand les fils étaient morts. Elle m'expliqua les différences que son état de fille sans cesse attachée aux flancs d'une mère mettait entre ses douleurs et celles d'un enfant jeté dans le monde des collèges. Ma solitude avait été comme un paradis, comparée au contact de la meule sous laquelle son âme fut sans cesse meurtrie, jusqu'au jour où sa véritable mère, sa bonne tante l'avait sauvée en l'arrachant à ce supplice dont elle me raconta les renaissantes douleurs. C'était les inexplicables pointilleries insupportables aux natures nerveuses qui ne reculent pas devant un coup de poignard et meurent sous l'épée de Damoclès : tantôt une expansion généreuse arrêtée par un ordre glacial, tantôt un baiser froidement reçu, un silence imposé, reproché tour à tour; des larmes dévorées qui lui restaient sur le cœur; enfin les mille tyrannies du couvent, cachées aux yeux des étrangers sous les apparences d'une maternité glorieusement exaltée. ...........................
Peut-être, pensait cet ange, ces sévérités étaient-elles nécessaires? ne l'avaient-elles pas préparée à sa vie actuelle? En l'écoutant, il me semblait que la harpe de Job de laquelle j'avais tiré de sauvages accords, maintenant maniée par des doigts chrétiens, y répondait en chantant les litanies de la Vierge au pied de la croix.
  « Nous vivions dans la même sphère avant de nous retrouver ici, vous partie de l'Orient et moi de l'Occident. »
  Elle agita la tête par un mouvement désespéré : « A vous l'orient, à moi l'occident, dit-elle. Vous vivrez heureux, je mourrai de douleur! Les hommes font eux-mêmes les événements de leur vie, et la mienne est àà jamais fixée. Aucune puissance ne peut briser cette lourde chaîne à laquelle la femme tient par un anneau d'or, emblème de la pureté des épouses. »




ANNEXE



Eugénie Grandet, by Honoré de BALZAC
Editeur :   Ed. Les Belles Editions (1944)
A.S.I.N :   B0000DP8U0
www.amazon.fr


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