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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 21:43

 

 

Les adieux, by François-Régis BASTIDE



Présentation de l'Editeur


 

  Trente ans de la vie française menée par deux étrangers, leur espoir toujours déçu d'être admis dans la communauté qu'ils ont choisie, leurs luttes à l'intérieur d'un comité politique, du catholicisme, de la bourgeoisie bordelaise, d'une petite ville de Seine-et-Marne - voici, certes, un reportage sur la condition étrangère en France qui a les accents de la vérité. L'Histoire même marque le prince Alexis Vassilievitch Stellovski en le faisant coïncider de fort près avec le héros de la célèbre affaire Koutiepov. Et des philologues suédoises comme Mlle Brichs, dignes, sans âge, discrètes, oubliées, nous en connaissons tous : elles font partie de l'atroce pittoresque parisien.

  Mais il se trouve que ces deux héros solitaires traversent les scènes les plus publiques de notre vie, et que leur solitude ressemble à la nôtre. Lorsque Mlle Brichs rencontre, qui de l'Horloge ce qu'elle nomme le creux de Paris, ce creux suprême ne serait-il pas celui de tout destin?

  En ce sens, cette Suédoise et ce Russe, réfugiés l'un contre l'autre, unis par leur étrangeté, et qui pouvaient s'aimer en paix, montrent bien, par leur déchirement, que la vraie vie est faite d'un mouvement volontaire d'abandons, de renoncements, d'adieux... Les Adieux, c'est ce qui fait le moins mal, lorsque personne ne vous regarde vous en aller dira le prince au moment de mourir seul.

  On serait tenté d'ajouter que personne non plus, si ce n'est le narrateur, n'a regardé vivre les héros des Adieux, et que c'est bien là, en définitive, le seul enseignement de ce roman pathétique : un habitant sur trente du département de la Seine est étranger, et vit et meurt seul.


  Les Adieux est le cinquième roman de François-Busset Bastide, qui termine un récit Les bracelets, et prépare un ouvrage sur Gobineau. Son précédent roman, La Lumière et le Fouet, avait paru en 1951.




pour MICHEL et FRANÇOISE


FICHE   TECHNIQUE   DU   LIVRE


 

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Titre :   Les adieux
Auteur :   François-Régis   BASTIDE
Edition :   GALLIMARD     nrf
5, rue Sébastien-Bottin, Paris VIIè

ROMAN

143è édition

ACHEVÉ D'IMPRIMER
PAR L'IMPRIMERIE FLOCH
MAYENNE
LE 29 DÉCEMBRE 1956


Dép. lég. : 4e trim. 1956

N° d'éd. : 5.593

Imprimé en France.

Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation
réservés pour tous les pays, y compris la Russie.

© 1956 Librairie Gallimard.

Reliure :   Relié sur carton souple.
Nombre de pages : 313         TABLE DES MATIÈRES : OUI

Poids :   225 grammes             Format :   120 x 185 mm
I.S.B.N :                                  Code Barre = EAN :   NON


CITATIONS


 

  Si vous faites dépendre votre paix de quelque personne, à cause de l'habitude de vivre avec elle et de la conformité de vos sentiments, vous serez dans l'inquiétude et le trouble.
  Mais si vous cherchez votre appui dans la vérité immuable et toujours vivante, vous ne serez point accablé de tristesse quand un ami s'éloigne ou meurt.

L'Imitation de Jésus-Christ   (XLII).


  Tout cela, tous vos pays étrangers, toute votre fameuse Europe, ce n'est que fantaisi; et nous tous, à l'étranger, nous ne sommes que fantaisie...

DOSTOIEVSKY,   L'Idiot.




EXTRAIT   Les adieux , by François-Régis BASTIDE   page 215


 

  Après le départ de ses amis, Félicien déposa le calicot de La Boule rouge et le fit remplacer par une enseigne tricolore, aussi officielle que le panneau d'un ministère : Hôtel des Étrangers. Entourée des trois couleurs, cette banale appellation prenait un relief extraordinaire. L'hôtel ressemblait à un Centre d'Accueil de prisonniers, à un Office de Bienfaisance. On était loin du tourisme. L'hôtel se faisait gouvernemental et solennel.
  La mairie ne devait pas tarder à être enlevée à Félicien, et sa vie se limitant à la gestion de son affaire, il crut du même coup que la France n'était qu'un hôtel. Il allait revoir ses deux amis, de loin en loin, à Paris, mais le cœur n'y était plus. Les souvenirs d'avant-guerre, avec le prince, étaient depuis longtemps épuisés. Il devenait difficile de faire allusion à Bellins, et à ce qu'on y avait connu ensemble. On ne pervenait pas à établir les fondements d'une troisième période. Félicien parlait de son hôtel, qui recevait des étrangers, c'était un fait, de toutes les nations. Le Maire les traitait de son mieux, mais sans jamais s'attacher particulièrement. De son ennui, Choralita et le prince ne pouvaient le tirer, car ils vivaient eux aussi la vie plate et grise de 46, 47... Le prince parlait peu de cette agence de presse qui l'employait. Choralita avait plus à dire de l'Institut International des Langues, mais sa récriminations perdait toute force puisqu'elle reconnait elle-même qu'elle ne se détacherait pas aisément de M. Lévêque. Choralita et le prince persistaient. C'était là leur secret. Ils se disaient heureux à de minuscules moments douillets, le dimanche, où ils se racontaient des histoires enfantines. Félicien se souvint des cris de son ami, au paradis, et des révoltes de Choralita. A quoi servait-il, mon Dieu, d'avoir annoncé qu'on changerait tout, puisqu'on retombait dans la bourgeoisie la plus plate?




COUVERTURES


 

Les adieux, by François-Régis BASTIDE       Les adieux, by François-Régis BASTIDE




EDITION ORIGINALE


 

Il a été tiré de l'édition originale de cet ouvrage trente-cinq exemplaires sur velin pur fil Lafuma-Navarre, savoir trente exemplaires numérotés de 1 à 30 et cinq, hors commerce, marqués de A à E.




ANNEXE



Les adieux by, François-Régis BASTIDE
Editeur :   Gallimard nrf (1956)
A.S.I.N :   B0000DRRT6
www.amazon.fr


ŒUVRES DE FRANÇOIS-RÉGIS BASTIDE


 

  • LETTRE DE BAVIÈRE,   récit   (préface d'Alexandre Arnoux),   1947
  • LA TROISIÈME PERSONNE,   roman,   1948.
  • LA JEUNE FILLE ET LA MORT,   roman,   1950.
  • LA LUMIÈRE ET LE FOUET,   récit, 1951.
  • LES ADIEUX,   roman,   1956.



  • Aux Éditions du Seuil.

  • SAINT-SIMON PAR LUI-MÊME   (Grand Prix de la Critique).   1953.
  • SUÈDE   (collection « Petite Planète »),   1954.




  • En préparation.

  • LES BRACELETS   récit.
  • GOBINEAU OU LA VIE RÊVÉ.




LIENS



Wikipédia
François-Régis BASTIDE

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