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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 10:07

  Lettres de mon moulin, by Alphonse DAUDET


Présentation de l'Editeur


CES admirables récits sont tous devenus célèbres : “ La Chèvre de Monsieur Seguin ”, “ L'Arlésienne ”, “ La Mule du Pape ”, “ Le Curé de Cucugnan ”, “ Le Sous-Préfet aux Champs ”...
  Fidèles reflets de la poèsie et de la bonne humeur de notre Midi, ils sont un incomparable mélange de malice, d'émotion et de verve. Daudet sympathise avec les humbles, avec les bêtes, avec les plantes. Chaque phrase n'est pas seulement merveilleusement ouvrée, elle est “ vécue ” et profondément sentie. Chaque récit est un petit chef-d'œuvre.





A

MA FEMME


FICHE   TECHNIQUE DU LIVRE







Titre :   Lettres de mon moulin
Auteur :   Alphonse DAUDET
Edition :   HACHETTE

numéro de référence : 32

BIBLIOTHÈQUE VERTE

ILLUSTRATIONS DE A. CHAZELLE
noir & blanc pleine page hors-texte, annotées

NOUS RESTAMES ASSIS L'UN PRÈS DE L'AUTRE...   p. 43
PAUVRE « SÉMILLANTE »!... LA MER L'AVAIT BROYÉE...   p. 87
LE FAMEUX BOCAL FUT TIRÉ DE L'ARMOIRE...   p. 117
M. LE SOUS-PRÉFET FAISAIT DES VERS...   p. 127
IL Y AVAIT UNE FEMME DEBOUT CONTRE LA VITRE...   p. 183
LE PÈRE GAUCHER, LE PÈSE-LIQUEUR A LA MAIN...   p. 225
LE CHASSEUR GUETTTE LES CANARDS...   p. 235
ON S'EN VA BATTRE LA CAISSE DANS LES BOIS...   p. 247

Dép. lég. 6594 - 2e tr. 58

Imprimé en France
BRODARD & TAUPIN
Imprimeur-Relieur
Paris - Coulommiers
- 2838 - VII - 6 - 7749 -

Poids :   212 grammes     Nombre de pages : 252

Édition pour la jeunesse
©   Librairie Hachette, 1951.
Tous droits de traduction, de reproduction
et d'adaptation réservés pour tous pays.

Reliure :   cartonnée pelliculée illustrée couleurs in recto
Imprimé en France
par De Matteis-Paris
BRODARD ET TAUPIN RELIURE
TABLE DES MATIÈRES :  OUI

Format :   115 x 165 mm
I.S.B.N :   NON                Code Barre = EAN :   NON


Livre épuisé chez l' Editeur




COUVERTURES


 

Lettres de mon moulin, by Alphonse DAUDET       Lettres de mon moulin, by Alphonse DAUDET




EXTRAIT   Les étoiles, by Alphonse DAUDET   page 62


 

Lettres de mon moulin, by Alphonse DAUDET




  Cependant la nuit était venue tout à fait. Il ne restait plus sur la crête des montagnes qu'une poussière de soleil, une vapeur de lumière du côté du couchant. Je voulus que notre demoiselle entrât se reposer dans le parc. Ayant étendu sur la paille fraîche une belle peau toute neuve, je lui souhaitai la bonne nuit, et j'allai m'asseoir dehors devant la porte... Dieu m'est témoin que, malgré le feu d'amour qui me brûlait le sang, aucune mauvaise pensée ne me vint; rien qu'une grande fierté de songer que dans un coin du parc, tout près du troupeau curieux qui la regardait dormir, la fille de mes maîtres - comme une brebis plus précieuse et plus blanche que toutes les autres - reposait, confiée à ma garde. Jamais le ciel ne m'avait paru si profond, les étoiles si brillantes... Tout à coup, la claire-voie du parc s'ouvrit et la belle Stéphanette parut. Elle ne pouvait pas dormir. Les bêtes faisaient crier la paille en remuant, ou bêlaient dans leurs rêves. Elle aimait mieux venir près du feu. Voyant cela, je lui jetai ma peau de bique sur les épaules, j'activai la flamme, et nous restâmes assis l'un près de l'autre sans parler. Si vous avez jamais passé la nuit à la belle étoile, vous savez qu'à l'heure où nous dormons, un monde mystérieux s'éveille dans la solitude et le silence. Alors les sources chantent bien plus clair, les étangs allument des petites flammes. Tous les esprits de la montagne vont et viennent librement; et il y a dans l'air des frôlements, des bruits imperceptibles, comme si l'on entendait les branches grandir, l'herbe pousser. Le jour, c'est la vie des êtres; mais la nuit, c'est la vie des choses. Quand on n'en a pas l'habitude, ça fait peur... Aussi notre demoiselle était toute frissonnante et se serrait contre moi au moindre bruit. Une fois, un cri long, mélancolique, parti de l'étang qui luisait plus bas, monta vers nous en ondulant. Au même instant une belle étoile filante glissa parr-dessus nos têtes dans la même direction, comme si cette plainte que nous venions d'entendre portait une lumière avec elle.
  « Qu'est-ce que c'est? me demanda Stéphanette à voix basse.


Reproduction interdite





EXTRAIT   Les vieux, by Alphonse DAUDET   page 116


 

Lettres de mon moulin, by Alphonse DAUDET




  Je crois bien qu'elles se dépêchaient. A peine le temps de casser trois assiettes, le déjeuner se trouva servi.
  « Un bon petit déjeuner! me disait Mamette en me conduisant à table; seulement vous serez tout seul... Nous autres, nous avons déjà mangé ce matin. »
  Ces pauvres vieux! à quelque heure qu'on les prenne, ils ont toujours mangé le matin.
  Le bon petit déjeuner de Mamette, c'était deux doigts de lait, des dattes et une barquette, quelque chose comme un échaudé; de quoi la nourrir elle et ses canaris au moins pendant huit jours... Et dire qu'à moi seul je vins à bout de toutes ces provisions!... Aussi quelle indignation autour de la table! Comme les petites bleues chuchotaient en se poussant du coude, et là-bas, au fond de leur cage, comme les canaris avaient l'air de se dire :
  « Oh! ce monsieur qui mange toute la barquette! »
  Je la mangeai toute, en effet, et presque sans m'en apercevoir, occupé que j'étais à regarder autour de moi dans cette chambre claire et paisible où flottait comme une odeur de choses anciennes... Il y avait surtout deux petits lits dont je ne pouvais pas détacher mes yeux. Ces lits, presque deux berceaux, je me les figurais le matin, au petit jour, quand ils sont encore enfouis sous leurs grands rideaux à franges. Trois heures sonnent. C'est l'heure où tous les vieux se réveillent :
  « Tu dors, Mamette?
  - Non, mon ami.
  - N'est-ce pas que Maurice est un brave enfant?
  - Oh! oui, c'est un brave enfant. »
  Et j'imaginais comme cela toute une causerie, rien que pour avoir vu ces deux petits lits de vieux, dressés l'un à côté de l'autre...
  Pendant ce temps, un drame terrible se passait à l'autre bout de la chambre, devant l'armoire. Il s'agissait d'atteindre là-haut, sur le dernier rayon, certain bocal de cerises à l'eau-de-vie qui attendait Maurice depuis dix ans et dont on voulait me faire l'ouverture. Malgré les supplications de Mamette, le vieux avait tenu à aller chercher ses cerises lui-même; et, monté sur une chaise au grand effroi de sa femme, il essayait d'arriver là-haut... Vous voyez le tableau d'ici, le vieux qui termble et qui se hisse, les petites bleues cramponnées à sa chaise, Mamette derrière lui haletante, les bras tendus, et sur tout cela un léger parfum de bergamote qui s'exhale del'armoire ouverte et des grandes piles de linge roux... C'était charmant.


Reproduction interdite





EXTRAIT   Les deux auberges, by Alphonse DAUDET   page 180


 

Lettres de mon moulin, by Alphonse DAUDET




  ... L'auberge d'en face, au contraire, était silencieuse et comme abandonnée. De l'herbe sous le portail, des volets cassés, sur la porte un rameau de petit houx tout rouillé qui pendait comme un vieux panache, les marches du seuil calées avec des pierres de la route... Tout cela si pauvre, si pitoyable, que c'était une charité vraiment de s'arrêter là pour boire un coup.

  En entrant, je trouvai une longue salle déserte et morne, que le jour éblouissant de trois grandes fenêtres sans rideaux fait plus morne et plus déserte encore. Quelques tables boiteuses où traînaient des verres ternis par la poussière, un billard crévé qui tendait ses quatre blouses comme des sébiles, un divan jaune, un vieux comptoir, dormaient là dans une chaleur malsaine et lourde. Et des mouches! des mouches! jamais je n'en avais tant vu : sur le plafond, collées aux vitres, dans les verres, par grappes... Quand j'ouvris la porte, ce fut un bourdonnement, un frémissement d'ailes comme si j'entrais dans une ruche.
  Au fond de la salle, dans l'embrasure d'une croisée, il y avait une femme debout contre la vitre, très occupée à regarder dehors. Je l'appelai deux fois :
  « Hé! l'hôtesse! »
  Elle se retourna lentement et me laissa voir une pauvre figure de paysanne, ridée, crevassée, couleur de terre, encadrée dans de longues barbes de dentelle rousse comme en portent les vieilles de chez nous. Pourtant ce n'était pas une vieille femme; mais les larmes l'avaient toute fanée.
  « Qu'est-ce que vous voulez? me demanda-t-elle en essuyant ses yeux.
  - M'asseoir un moment et boire quelque chose... »
  Elle me regarda très étonnée, sans bouger de sa place, comme si elle ne comprenait pas.
  « Ce n'est donc pas une auberge, ici? »
  La femme soupira :


Reproduction interdite


ANNEXE



Lettres de mon moulin, by Alphonse DAUDET
Editeur :   Hachette Bibliothèque verte (1958)
I.S.B.N-10 :  




LIENS



Wikipédia
Alphonse DAUDET

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