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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 12:09

Par le détroit de Béring, by GONTRAN de PONCINS

 

 

Présentation de l'Editeur


L'AUTEUR raconte le voyage de 8500 kilomètres qu'il fit par mer sur un bateau de bootleggers avec deux hommes aussi peu navigateurs que lui, voyage qui le mena de Coppermine, dans l'océan Glacial, jusqu'à Vancouver, en passant par le détroit de Béring .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FICHE   TECHNIQUE DU LIVRE

 

 

 

 

 

 


 




Titre :   Par le détroit de Béring
Auteur :   GONTRAN DE PONCINS
Edition :   HACHETTE

BIBLIOTHEQUE VERTE

ILLUSTRATIONS DE PAUL DURAND

Imprimé en France
BRODARD & TAUPIN
Paris-Coulommiers
- 9749-9-1954

- Dépôt légal 2552 -

Poids :   225 grammes     Nombre de pages : 255

Copyright 1953,
by Librairie Stock, Delamain, et Bouttelleau.

Tous droits de traduction, de reproduction
et d'adaptation réservés pour tous pays.

Reliure :   Cartonnée en percaline verte
Présentation sous jaquette illustrée couleurs in recto à double volets avec texte.
TABLE DES MATIÈRES :  NON

Format :   125 x 170 x 18 mm
I.S.B.N :   NON     Code Barre = EAN :   NON

Livre épuisé chez l' Editeur
Valeur selon état : Décembre 2017 de 04€80 à 05€80

 

 

 

 

 

 

EXTRAIT   Par le détroit de Béring, by GONTRAN DE PONCINS   page 89


Par le détroit de Béring by, Gontran de PONCINS -image


  Voilà un quart d'heure que nous rentrons. Cent quatre-vingts au compas ne suffisant plus, nous avons passé à cent soixante. Les glaces avancent toujours sur nous... Nous sommes trois hommes qui ne parlent plus. Pour l'instant, nous n'en sommes encore qu'à jouer de finesse. Mais, si la situation empire, il faudra fuir. Là est le danger des glaces : elles donnent l'impression de ne pas avancer. Leur allure est si nonchalante qu'on se dit : « J'ai le temps! » Et, avant qu'on ait rien fait, elles vous rejoignent, vous heurtent. Tout à l'heure la route était claire à cent soixante, puis à cent quarante seulement, puis cent vingt. Maintenant c'est bouché partout. La banquise nous cerne sans qu'on puisse savoir quelle épaisseur elle a ni par où elle s'ouvre... Si encore nous apercevions la terre!... Mais l'obscurité vient; il faut nous amarrer à l'un des blocs.
  Nous jetons un grappin et halons. Le grappin échappe; Slim tombe à la renverse et se blesse sur le treuil, avec d'affreux jurons. Nous recommençons l'opération. Cette fois, il saute sur la glace et enfonce le grappin à grands coups de bottes. Il est une heure et demie quand nous arrêtons les moteurs et restons là, tendus. L'ambiance est sinistre. Autour de nous, dans l'obscurité, les blocs se heurtent. Non seulement ils se déplacent dans une direction donnée, mais ils virent sur eux-mêmes, ils s'entrechoquent; et cette rotation de meules risque de nous broyer. Autre chose : la partie submergée d'un glaçon est quatre ou cinq fois plus grande que celle qui émerge, et par surcroît, elle est armée d'un éperon acéré, juste sous la ligne de flottaison. Avec un brise-glace, on ne risque rien, parce qu'il est armé de l'avant et qu'avec sa coque arrondie, les glaces ne peuvent au pis-aller que le soulever. Mais nous, cela nous éventrerait. Quant à se laisser heurter par un de ces blocs, autant cogner dans Gibraltar!
  L'Audrey vire avec les glaces. Et nous, armés de gaffes, nous nous escrimons à peser sur un bloc, à repousser l'autre. Deux heures durant, nous nous livrons à une manœuvre qui consiste à retirer le grappin d'un bloc pour l'ancrer au suivant, afin d'éviter l'écrasement que nous sentons proche...Las de cette gymnastique, nous décidons d'essayer de gagner la terre. Mais à quelle distance est-elle? La ligne des dix brasses sur la carte est à vingt milles au large et notre sonde donne douze brasses... Serions-nous plus « dehors » que nous ne pensions?
  A peine sommes-nous en route que la brume s'en mêle; une fois de plus il faut nous amarrer au premier bloc de glace venu... Nous avons l'air fins, avec notre manœuvre!... J'appelais le danger : des qu'il est là, nous manœuvrons lamentablement. Slim lance des ordres d'un air dramatiques; Art monte et descend la passerelle qui mène aux machines; moi je sors du poste de pilotage au moment où je devrais y rentrer... Du coup l'Audrey, comme une femme ivre, heurte tout sur son passage. Et tout, à bord, devient grotesque. Watson a l'air d'une vieille femme qui cherche ses dents; Slim, du mineur qui va faire sauter la mine; et moi, d'un ahuri qui court après on ne sait quoi!
  Slim s'est affalé dans le cadre, Art et moi restons à veiller. Nous décidons de faire du café; nous voilà au carré assis face à face sans une parole... Toutes les dix minutes, je monte voir où cela en est. De la brume, toujours. Et d'un épais.
  A six heures du matin nous sommes encore devant le fourneau à grelotter comme des clochards « Si seulement on avait tourné le coin! » (voulant dire par là Point Barrow) grommelle Art. Il parle pour lui-même, comme si je n'étais pas là. Et il me vient un curieux sentiment d'esseulement. Tout me paraît sinistre : ce bateau, cette mer!... Mon Arctique, au moins, avec toute sa dureté, avait des moments aimables. on dirait que le monde s'est vidé de son amabilité. C'est un univers ingrat, obscur, dans lequel nous nous mouvons, portés par une mer glauque, sournoise, qui parfois se soulève comme sous la poussée d'un mauvais génie, parmi des glaces qui ont plutôt l'air de détritus. Nous sommes là, titubant au long d'une côte la plupart du temps invisible. Et, quand on l'aperçoit, ce ne sont que des terres noires, désertes; plus désertes encore que la côte de l'Alaska. Rien de plus déprimant que ce sentiment d'être éloigné de tous et de tout. De Hershel à Point Barrow il n'y a, au dire d'Art, que trois trappeurs : un à l'embouchure de la rivière Colville; un autre au cap Halkett; et un troisième, un vieil Hollandais, dont on n'est même pas sûr qu'il soit encore vivant!
  Vers neuf heures, le brouillard s'étant levé, nous remettons en route. Plein est, c'est-à-dire dans la direction de Coppermine! Autant que nous puissions en juger, il y a bien un chenal libre au nord-ouest, mais c'est la direction à ne pas prendre. Dans ce secteur-ci de l'Arctique, il y a une règle absolue : ne jamais « sortir », toujours « rentrer ». La raison est simple : que les vents se mettent à souffler de terre une fois que vous êtes dehors, et les glaces vous emmèneront jusqu'au pôle!

 

 

 

 

DÉFINITIONS



Coppermine. p. 11   Au bord de l'océan Glacial, à l'embouchure de la rivière du même nom, ainsi nommée parce qu'on y trouve du cuivre. Et les Esquimaux de cette région s'appellent les « Esquimaux du cuivre. »
l'avion apporte deux fois l'an. p. 11   Du moins était-ce ainsi à l'époque.
« greenhorm. » p. 14   Terme d'argot qui signifie « néophyte ».
un carcajou. p. 27   Sorte de blaireau armé de longues griffes. Non seulement il est très carnassier, mais il détruit ou souille tout ce qu'il ne peut manger, d'où sa réputation là-haut de « diabolique ».
à chaque rapide. p. 57   D'où les fameux « portages ».
méningite. p. 64   Maladie courante chez les chiens esquimaux, et qui leur serait communiquée par les renards.
son attighi. p. 71   Vêtement de fourrures de la femme esquimaude.
de sik-sik. p. 71   Ecureuil hivernant du Nord, dont la fourrure sert de parement aux femmes.
un umiak. p. 103   Embarcation ouverte, pour huit à dix personnes, faite de peaux de grands phoques cousues ensemble, sans autre membrure.
frotter doucement la partie gelée. p. 108   On dit souvent qu'il faut frotter la partie gelée avec de la neige. je ne l'ai jamais vu faire là-haut.
la brume est là qui nous enferme. p. 110   Elle devait nous tenir, à quelques éclaircies près, jusqu'aux Aléoutiennes.
l'ai-je vu trop en noir. p. 118   Si le portrait que j'ai fait de ces deux hommes est erroné ou injuste, qu'ils ne m'en veuillent pas. Jamais,à aucun moment, ils ne m'ont offert une chance de les mieux juger, un moyen de contrôle. Et, si je me souviens d'eux comme de gaillards éminemment olides, - qualité essentielle, somme toute, dans un pareil voyage -, j'ignore totalement quel peut être leur sentiment à mon sujet.
le feu s'éteint enfin. p. 122   L'alerte devait se renouveler plusieurs fois au cours du voyage.
ce mackinaw. p. 148   Chemise blouson en laine double, à gros carreaux.
cette pièce... ne me quittera plus. p. 148   Depuis lors, je l'ai emportée partout avec moi. A l'heure où j'écris, elle est là sous mes yeux, plus vivante que jamais.
un killer whale p. 162   Epaulard : ils semettent à plusieurs pour tuer les baleines en les attaquant à la gorge.
le whale bird p. 163   Oiseau accompagnant en nuées les baleines et, comme elles, se nourrissant de plancton.
Tupilak p. 171   Le diable des Esquimaux.
le plus étonnant peut-être que j'aie jamais lu p. 195   Idyls of the sea, de Frank T. Bullen, dont R. Kipling, dans sa préface, dit : « C'est immense. Il n'y a pas d'autre mot. »
l'affaire était dans le sac. p. 198   Par chance, il advint que les prises augmentèrent du jour de ma venue à bord, ce qui fit considérer ma présence comme un heureux augure... et me permit de poursuivre.
duel entre une pieuvre et un cachalot p. 206   Article paru dans le magazine anglais Nature , du 4 juin 1896.
par le fond. p. 209   Cette assertion parait incroyable. Mais d'autres cas analogues la confirment.
 

 

 

Commentaire en ligne


Par le détroit de Béring, by GONTRAN DE PONCINS
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ANNEXE



Par le détroit de Béring, by GONTRAN DE PONCINS
Editeur :   Hachette (1954)
A.S.I.N :   B0017UJ5Y4

 

 

 

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WIKIPÉDIA
GONTRAN DE PONCINS

 

 

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